J.O n° 178 du 3 août 2006
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texte n° 1
LOIS
LOI n° 2006-961 du 1er août
2006 relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la
société de l'information (1)
NOR: MCCX0300082L
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Vu la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC du 27 juillet 2006 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
TITRE Ier
DISPOSITIONS PORTANT TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE 2001/29/CE DU
PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL DU 22 MAI 2001 SUR L'HARMONISATION DE
CERTAINS ASPECTS DU DROIT D'AUTEUR ET DES DROITS VOISINS DANS LA
SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION
Chapitre Ier
Exceptions au droit d'auteur et aux droits voisins
Article 1
I. - L'article L. 122-5 du code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
1° Le dernier alinéa du 3° est supprimé ;
2° Le 3° est complété par un e ainsi rédigé :
« e) La représentation ou la reproduction d'extraits d'oeuvres,
sous réserve des oeuvres conçues à des fins pédagogiques, des
partitions de musique et des oeuvres réalisées pour une édition
numérique de l'écrit, à des fins exclusives d'illustration dans le
cadre de l'enseignement et de la recherche, à l'exclusion de toute
activité ludique ou récréative, dès lors que le public auquel cette
représentation ou cette reproduction est destinée est composé
majoritairement d'élèves, d'étudiants, d'enseignants ou de chercheurs
directement concernés, que l'utilisation de cette représentation ou
cette reproduction ne donne lieu à aucune exploitation commerciale et
qu'elle est compensée par une rémunération négociée sur une base
forfaitaire sans préjudice de la cession du droit de reproduction par
reprographie mentionnée à l'article L. 122-10 ; »
3° Sont ajoutés dix alinéas ainsi rédigés :
« 6° La reproduction provisoire présentant un caractère
transitoire ou accessoire, lorsqu'elle est une partie intégrante et
essentielle d'un procédé technique et qu'elle a pour unique objet de
permettre l'utilisation licite de l'oeuvre ou sa transmission entre
tiers par la voie d'un réseau faisant appel à un intermédiaire ;
toutefois, cette reproduction provisoire qui ne peut porter que sur des
oeuvres autres que les logiciels et les bases de données ne doit pas
avoir de valeur économique propre ;
« 7° La reproduction et la représentation par des personnes
morales et par les établissements ouverts au public, tels que
bibliothèques, archives, centres de documentation et espaces culturels
multimédia, en vue d'une consultation strictement personnelle de
l'oeuvre par des personnes atteintes d'une ou de plusieurs déficiences
des fonctions motrices, physiques, sensorielles, mentales, cognitives
ou psychiques, dont le niveau d'incapacité est égal ou supérieur à un
taux fixé par décret en Conseil d'Etat, et reconnues par la commission
départementale de l'éducation spécialisée, la commission technique
d'orientation et de reclassement professionnel ou la commission des
droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à
l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles, ou
reconnues par certificat médical comme empêchées de lire après
correction. Cette reproduction et cette représentation sont assurées, à
des fins non lucratives et dans la mesure requise par le handicap, par
les personnes morales et les établissements mentionnés au présent
alinéa, dont la liste est arrêtée par l'autorité administrative.
« Les personnes morales et établissements mentionnés au premier
alinéa du présent 7° doivent apporter la preuve de leur activité
professionnelle effective de conception, de réalisation et de
communication de supports au bénéfice des personnes physiques
mentionnées au même alinéa par référence à leur objet social, à
l'importance de leurs membres ou usagers, aux moyens matériels et
humains dont ils disposent et aux services qu'ils rendent.
« A la demande des personnes morales et des établissements
mentionnés au premier alinéa du présent 7°, formulée dans les deux ans
suivant le dépôt légal des oeuvres imprimées, les fichiers numériques
ayant servi à l'édition de ces oeuvres sont déposés au Centre national
du livre ou auprès d'un organisme désigné par décret qui les met à leur
disposition dans un standard ouvert au sens de l'article 4 de la loi n°
2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique.
Le Centre national du livre ou l'organisme désigné par décret garantit
la confidentialité de ces fichiers et la sécurisation de leur accès ;
« 8° La reproduction d'une oeuvre, effectuée à des fins de
conservation ou destinée à préserver les conditions de sa consultation
sur place par des bibliothèques accessibles au public, par des musées
ou par des services d'archives, sous réserve que ceux-ci ne recherchent
aucun avantage économique ou commercial ;
« 9° La reproduction ou la représentation, intégrale ou partielle,
d'une oeuvre d'art graphique, plastique ou architecturale, par voie de
presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, dans un but exclusif
d'information immédiate et en relation directe avec cette dernière,
sous réserve d'indiquer clairement le nom de l'auteur.
« Le premier alinéa du présent 9° ne s'applique pas aux oeuvres,
notamment photographiques ou d'illustration, qui visent elles-mêmes à
rendre compte de l'information.
« Les reproductions ou représentations qui, notamment par leur
nombre ou leur format, ne seraient pas en stricte proportion avec le
but exclusif d'information immédiate poursuivi ou qui ne seraient pas
en relation directe avec cette dernière donnent lieu à rémunération des
auteurs sur la base des accords ou tarifs en vigueur dans les secteurs
professionnels concernés.
« Les exceptions énumérées par le présent article ne peuvent
porter atteinte à l'exploitation normale de l'oeuvre ni causer un
préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l'auteur.
« Les modalités d'application du présent article, notamment les
caractéristiques et les conditions de distribution des documents
mentionnés au d du 3°, l'autorité administrative mentionnée au 7°,
ainsi que les conditions de désignation des organismes dépositaires et
d'accès aux fichiers numériques mentionnés au troisième alinéa du 7°,
sont précisées par décret en Conseil d'Etat. »
II. - Les dispositions du e du 3° de l'article L. 122-5 du code de
la propriété intellectuelle s'appliquent à compter du 1er janvier 2009.
III. - Après l'article L. 122-7 du même code, il est
inséré un article L. 122-7-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 122-7-1. - L'auteur est libre de mettre ses oeuvres
gratuitement à la disposition du public, sous réserve des droits des
éventuels coauteurs et de ceux des tiers ainsi que dans le respect des
conventions qu'il a conclues. »
IV. - Dans le troisième alinéa de l'article L. 382-1 du code de la
sécurité sociale, les mots : « un accord collectif de branche ou, à
défaut d'accord intervenu avant la date fixée au III de l'article 22 de
la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993 portant diverses mesures d'ordre
social, par décret en Conseil d'Etat, » sont remplacés par les mots : «
des accords professionnels distincts dans le secteur des agences de
presse et dans celui des publications de presse ou, à l'issue d'une
période de deux ans à compter de la date de promulgation de la loi n°
2006-961 du 1er août 2006 relative au droit d'auteur et aux droits
voisins dans la société de l'information, par décret en Conseil d'Etat
».
Article 2
I. - L'article L. 211-3 du code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
1° Le 3° est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« - la communication au public ou la reproduction d'extraits
d'objets protégés par un droit voisin, sous réserve des objets conçus à
des fins pédagogiques, à des fins exclusives d'illustration dans le
cadre de l'enseignement et de la recherche, à l'exclusion de toute
activité ludique ou récréative, dès lors que le public auquel cette
communication ou cette reproduction est destinée est composé
majoritairement d'élèves, d'étudiants, d'enseignants ou de chercheurs
directement concernés, que l'utilisation de cette communication ou
cette reproduction ne donne lieu à aucune exploitation commerciale et
qu'elle est compensée par une rémunération négociée sur une base
forfaitaire ; »
2° Sont ajoutés quatre alinéas ainsi rédigés :
« 5° La reproduction provisoire présentant un caractère
transitoire ou accessoire, lorsqu'elle est une partie intégrante et
essentielle d'un procédé technique et qu'elle a pour unique objet de
permettre l'utilisation licite de l'objet protégé par un droit voisin
ou sa transmission entre tiers par la voie d'un réseau faisant appel à
un intermédiaire ; toutefois, cette reproduction provisoire ne doit pas
avoir de valeur économique propre ;
« 6° La reproduction et la communication au public d'une
interprétation, d'un phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme
dans les conditions définies aux deux premiers alinéas du 7° de
l'article L. 122-5 ;
« 7° Les actes de reproduction d'une interprétation, d'un
phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme réalisés à des fins de
conservation ou destinés à préserver les conditions de sa consultation
sur place, effectués par des bibliothèques accessibles au public, par
des musées ou par des services d'archives, sous réserve que ceux-ci ne
recherchent aucun avantage économique ou commercial.
« Les exceptions énumérées par le présent article ne peuvent
porter atteinte à l'exploitation normale de l'interprétation, du
phonogramme, du vidéogramme ou du programme ni causer un préjudice
injustifié aux intérêts légitimes de l'artiste-interprète, du
producteur ou de l'entreprise de communication audiovisuelle. »
II. - Les dispositions du dernier alinéa du 3° de l'article L.
211-3 du code de la propriété intellectuelle s'appliquent à compter du
1er janvier 2009.
Article 3
I. - L'article L. 342-3 du code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
1° Après le 2°, sont insérés un 3° et un 4° ainsi rédigés :
« 3° L'extraction et la réutilisation d'une base de données dans
les conditions définies aux deux premiers alinéas du 7° de l'article L.
122-5 ;
« 4° L'extraction et la réutilisation d'une partie substantielle,
appréciée de façon qualitative ou quantitative, du contenu de la base,
sous réserve des bases de données conçues à des fins pédagogiques et
des bases de données réalisées pour une édition numérique de l'écrit, à
des fins exclusives d'illustration dans le cadre de l'enseignement et
de la recherche, à l'exclusion de toute activité ludique ou récréative,
dès lors que le public auquel cette extraction et cette réutilisation
sont destinées est composé majoritairement d'élèves, d'étudiants,
d'enseignants ou de chercheurs directement concernés, que la source est
indiquée, que l'utilisation de cette extraction et cette réutilisation
ne donne lieu à aucune exploitation commerciale et qu'elle est
compensée par une rémunération négociée sur une base forfaitaire. » ;
2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Les exceptions énumérées par le présent article ne peuvent
porter atteinte à l'exploitation normale de la base de données ni
causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes du producteur de
la base. »
II. - Les dispositions du 4° de l'article L. 342-3 du code de la
propriété intellectuelle s'appliquent à compter du 1er janvier 2009.
Article 4
I. - Après l'article L. 122-3 du code de la
propriété intellectuelle, il est inséré un
article L. 122-3-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 122-3-1. - Dès lors que la première vente d'un ou des
exemplaires matériels d'une oeuvre a été autorisée par l'auteur ou ses
ayants droit sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté
européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique
européen, la vente de ces exemplaires de cette oeuvre ne peut plus être
interdite dans les Etats membres de la Communauté européenne et les
Etats parties à l'accord sur l'Espace économique européen. »
II. - Après l'article L. 211-5 du même code, il est
inséré un article L. 211-6 ainsi rédigé :
« Art. L. 211-6. - Dès lors que la première vente d'un ou des
exemplaires matériels d'une fixation protégée par un droit voisin a été
autorisée par le titulaire du droit ou ses ayants droit sur le
territoire d'un Etat membre de la Communauté européenne ou d'un autre
Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, la vente de
ces exemplaires de cette fixation ne peut plus être interdite dans les
Etats membres de la Communauté européenne et les Etats parties à
l'accord sur l'Espace économique européen. »
Article 5
Le 2° de l'article L. 214-1 du code de la propriété intellectuelle est ainsi rédigé :
« 2° A sa radiodiffusion et à sa câblo-distribution simultanée et
intégrale, ainsi qu'à sa reproduction strictement réservée à ces fins,
effectuée par ou pour le compte d'entreprises de communication
audiovisuelle en vue de sonoriser leurs programmes propres diffusés sur
leur antenne ainsi que sur celles des entreprises de communication
audiovisuelle qui acquittent la rémunération équitable.
« Dans tous les autres cas, il incombe aux producteurs desdits
programmes de se conformer au droit exclusif des titulaires de droits
voisins prévu aux articles L. 212-3 et L. 213-1. »
Article 6
Dans l'article L. 331-4 du code de la propriété intellectuelle,
après le mot : « procédure », sont insérés les mots : « parlementaire
de contrôle, ».
Chapitre II
Durée des droits voisins
Article 7
L'article L. 211-4 du code de la propriété intellectuelle est ainsi rédigé :
« Art. L. 211-4. - La durée des droits patrimoniaux objets du
présent titre est de cinquante années à compter du 1er janvier de
l'année civile suivant celle :
« 1° De l'interprétation pour les artistes-interprètes. Toutefois,
si une fixation de l'interprétation fait l'objet d'une mise à
disposition du public, par des exemplaires matériels, ou d'une
communication au public pendant la période définie au premier alinéa,
les droits patrimoniaux de l'artiste-interprète n'expirent que
cinquante ans après le 1er janvier de l'année civile suivant le premier
de ces faits ;
« 2° De la première fixation d'une séquence de son pour les
producteurs de phonogrammes. Toutefois, si un phonogramme fait l'objet,
par des exemplaires matériels, d'une mise à disposition du public
pendant la période définie au premier alinéa, les droits patrimoniaux
du producteur du phonogramme n'expirent que cinquante ans après le 1er
janvier de l'année civile suivant ce fait. En l'absence de mise à
disposition du public, ses droits expirent cinquante ans après le 1er
janvier de l'année civile suivant la première communication au public ;
« 3° De la première fixation d'une séquence d'images sonorisées ou
non pour les producteurs de vidéogrammes. Toutefois, si un vidéogramme
fait l'objet, par des exemplaires matériels, d'une mise à disposition
du public ou d'une communication au public pendant la période définie
au premier alinéa, les droits patrimoniaux du producteur du vidéogramme
n'expirent que cinquante ans après le 1er janvier de l'année civile
suivant le premier de ces faits ;
« 4° De la première communication au public des programmes
mentionnés à l'article L. 216-1 pour des entreprises de communication
audiovisuelle. »
Article 8
La dernière phrase de l'article L. 212-7 du code de la propriété intellectuelle est supprimée.
Chapitre III
Commission de la copie privée
Article 9
L'article L. 311-4 du code de la propriété intellectuelle
est complété par un alinéa ainsi
rédigé :
« Ce montant tient compte du degré d'utilisation des mesures
techniques définies à l'article L. 331-5 et de leur incidence sur les
usages relevant de l'exception pour copie privée. Il ne peut porter
rémunération des actes de copie privée ayant déjà donné lieu à
compensation financière. »
Article 10
Le troisième alinéa de l'article L. 311-5 du code de la
propriété intellectuelle est complété par
deux phrases ainsi rédigées :
« Les comptes rendus des réunions de la commission sont rendus
publics, selon des modalités fixées par décret. La commission publie un
rapport annuel, transmis au Parlement. »
Chapitre IV
Mesures techniques de protection et d'information
Article 11
I. - Après l'article L. 131-8 du code de la
propriété intellectuelle, il est inséré un
article L. 131-9 ainsi rédigé :
« Art. L. 131-9. - Le contrat mentionne la faculté pour le
producteur de recourir aux mesures techniques prévues à l'article L.
331-5 ainsi qu'aux informations sous forme électronique prévues à
l'article L. 331-22 en précisant les objectifs poursuivis pour chaque
mode d'exploitation, de même que les conditions dans lesquelles
l'auteur peut avoir accès aux caractéristiques essentielles desdites
mesures techniques ou informations sous forme électronique auxquelles
le producteur a effectivement recours pour assurer l'exploitation de
l'oeuvre. »
II. - Après l'article L. 212-10 du même code, il est
inséré un article L. 212-11 ainsi rédigé :
« Art. L. 212-11. - Les dispositions de l'article L. 131-9 sont
applicables aux contrats valant autorisation d'exploitation en
application des articles L. 212-3 et L. 212-4, entre les producteurs et
les artistes-interprètes. »
III. - Les dispositions des I et II s'appliquent aux contrats conclus
à compter de l'entrée en vigueur de la présente
loi.
Article 12
Dans le chapitre Ier du titre III du livre III du code de la
propriété intellectuelle intitulé «
Dispositions générales », sont
créées une section 1 intitulée : «
Règles générales de procédure », qui
comprend les articles L. 331-1 à L. 331-4, et une section 2
intitulée :
« Mesures techniques de protection et d'information ».
Article 13
Dans la section 2 du chapitre Ier du titre III du livre III du code
de la propriété intellectuelle, il est inséré un article L. 331-5 ainsi
rédigé :
« Art. L. 331-5. - Les mesures techniques efficaces destinées à
empêcher ou à limiter les utilisations non autorisées par les
titulaires d'un droit d'auteur ou d'un droit voisin du droit d'auteur
d'une oeuvre, autre qu'un logiciel, d'une interprétation, d'un
phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme sont protégées dans les
conditions prévues au présent titre.
« On entend par mesure technique au sens du premier alinéa toute
technologie, dispositif, composant qui, dans le cadre normal de son
fonctionnement, accomplit la fonction prévue par cet alinéa. Ces
mesures techniques sont réputées efficaces lorsqu'une utilisation visée
au même alinéa est contrôlée par les titulaires de droits grâce à
l'application d'un code d'accès, d'un procédé de protection tel que le
cryptage, le brouillage ou toute autre transformation de l'objet de la
protection ou d'un mécanisme de contrôle de la copie qui atteint cet
objectif de protection.
« Un protocole, un format, une méthode de cryptage, de brouillage
ou de transformation ne constitue pas en tant que tel une mesure
technique au sens du présent article.
« Les mesures techniques ne doivent pas avoir pour effet
d'empêcher la mise en oeuvre effective de l'interopérabilité, dans le
respect du droit d'auteur. Les fournisseurs de mesures techniques
donnent l'accès aux informations essentielles à l'interopérabilité dans
les conditions définies aux articles L. 331-6 et L. 331-7.
« Les dispositions du présent chapitre ne remettent pas en cause
la protection juridique résultant des articles 79-1 à 79-6 et de
l'article 95 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la
liberté de communication.
« Les mesures techniques ne peuvent s'opposer au libre usage de
l'oeuvre ou de l'objet protégé dans les limites des droits prévus par
le présent code, ainsi que de ceux accordés par les détenteurs de
droits.
« Les dispositions du présent article s'appliquent sans
préjudice des dispositions de l'article L. 122-6-1 du
présent code. »
Article 14
Dans la section 2 du chapitre Ier du titre III du livre III du code
de la propriété intellectuelle, sont insérés deux articles L. 331-6 et
L. 331-7 ainsi rédigés :
« Art. L. 331-6. - L'Autorité de régulation des mesures techniques
visée à l'article L. 331-17 veille à ce que les mesures techniques
visées à l'article L. 331-5 n'aient pas pour conséquence, du fait de
leur incompatibilité mutuelle ou de leur incapacité d'interopérer,
d'entraîner dans l'utilisation d'une oeuvre des limitations
supplémentaires et indépendantes de celles expressément décidées par le
titulaire d'un droit d'auteur sur une oeuvre autre qu'un logiciel ou
par le titulaire d'un droit voisin sur une interprétation, un
phonogramme, un vidéogramme ou un programme.
« Art. L. 331-7. - Tout éditeur de logiciel, tout fabricant de
système technique et tout exploitant de service peut, en cas de refus
d'accès aux informations essentielles à l'interopérabilité, demander à
l'Autorité de régulation des mesures techniques de garantir
l'interopérabilité des systèmes et des services existants, dans le
respect des droits des parties, et d'obtenir du titulaire des droits
sur la mesure technique les informations essentielles à cette
interopérabilité. A compter de sa saisine, l'autorité dispose d'un
délai de deux mois pour rendre sa décision.
« On entend par informations essentielles à l'interopérabilité la
documentation technique et les interfaces de programmation nécessaires
pour permettre à un dispositif technique d'accéder, y compris dans un
standard ouvert au sens de l'article 4 de la loi n° 2004-575 du 21 juin
2004 pour la confiance dans l'économie numérique, à une oeuvre ou à un
objet protégé par une mesure technique et aux informations sous forme
électronique jointes, dans le respect des conditions d'utilisation de
l'oeuvre ou de l'objet protégé qui ont été définies à l'origine.
« Le titulaire des droits sur la mesure technique ne peut imposer
au bénéficiaire de renoncer à la publication du code source et de la
documentation technique de son logiciel indépendant et interopérant que
s'il apporte la preuve que celle-ci aurait pour effet de porter
gravement atteinte à la sécurité et à l'efficacité de ladite mesure
technique.
« L'autorité peut accepter des engagements proposés par les
parties et de nature à mettre un terme aux pratiques contraires à
l'interopérabilité. A défaut d'un accord entre les parties et après
avoir mis les intéressés à même de présenter leurs observations, elle
rend une décision motivée de rejet de la demande ou émet une injonction
prescrivant, au besoin sous astreinte, les conditions dans lesquelles
le demandeur peut obtenir l'accès aux informations essentielles à
l'interopérabilité et les engagements qu'il doit respecter pour
garantir l'efficacité et l'intégrité de la mesure technique, ainsi que
les conditions d'accès et d'usage du contenu protégé. L'astreinte
prononcée par l'autorité est liquidée par cette dernière.
« L'autorité a le pouvoir d'infliger une sanction pécuniaire
applicable soit en cas d'inexécution de ses injonctions, soit en cas de
non-respect des engagements qu'elle a acceptés. Chaque sanction
pécuniaire est proportionnée à l'importance du dommage causé aux
intéressés, à la situation de l'organisme ou de l'entreprise sanctionné
et à l'éventuelle réitération des pratiques contraires à
l'interopérabilité. Elle est déterminée individuellement et de façon
motivée. Son montant maximum s'élève à 5 % du montant du chiffre
d'affaires mondial hors taxes le plus élevé réalisé au cours d'un des
exercices clos depuis l'exercice précédant celui au cours duquel les
pratiques contraires à l'interopérabilité ont été mises en oeuvre dans
le cas d'une entreprise et à 1,5 million d'euros dans les autres cas.
« Les décisions de l'autorité sont rendues publiques dans le
respect des secrets protégés par la loi. Elles sont notifiées aux
parties qui peuvent introduire un recours devant la cour d'appel de
Paris. Le recours a un effet suspensif.
« Le président de l'Autorité de régulation des mesures techniques
saisit le Conseil de la concurrence des abus de position dominante et
des pratiques entravant le libre exercice de la concurrence dont il
pourrait avoir connaissance dans le secteur des mesures techniques.
Cette saisine peut être introduite dans le cadre d'une procédure
d'urgence, dans les conditions prévues à l'article L. 464-1 du code de
commerce. Le président de l'autorité peut également le saisir, pour
avis, de toute autre question relevant de sa compétence. Le Conseil de
la concurrence communique à l'autorité toute saisine entrant dans le
champ de compétence de celle-ci et recueille son avis sur les pratiques
dont il est saisi dans le secteur des mesures techniques mentionnées à
l'article L. 331-5 du présent code. »
Article 15
L'importation, le transfert depuis un Etat membre de la Communauté
européenne, la fourniture ou l'édition de logiciels susceptibles de
traiter des oeuvres protégées et intégrant des mesures techniques
permettant le contrôle à distance direct ou indirect d'une ou plusieurs
fonctionnalités ou l'accès à des données personnelles sont soumis à une
déclaration préalable auprès du service de l'Etat chargé de la sécurité
des systèmes d'information. Le fournisseur, l'éditeur ou la personne
procédant à l'importation ou au transfert depuis un Etat membre de la
Communauté européenne est tenu de transmettre à ce service les
spécifications et le code source des logiciels concernés, le code
source des bibliothèques utilisées lorsque celui-ci est disponible,
ainsi que l'ensemble des outils et méthodes permettant l'obtention de
ces logiciels à partir des codes source fournis. Le service de l'Etat
chargé de la sécurité des systèmes d'information peut, si ces logiciels
s'appuient sur des bibliothèques et composants logiciels créés,
importés ou conçus par une tierce partie, demander à celle-ci la
fourniture des mêmes éléments. Un décret en Conseil d'Etat fixe les
conditions dans lesquelles sont souscrites ces déclarations et
transmises les informations techniques visées ci-dessus.
Les logiciels visés au premier alinéa ne peuvent être utilisés
dans des systèmes de traitement automatisé de données dont la mise en
oeuvre est nécessaire à la sauvegarde des droits afférents aux oeuvres
protégées que lorsqu'ils sont opérés dans le respect des dispositions
de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux
fichiers et aux libertés et dans des conditions ne portant notamment
pas atteinte aux secrets protégés par la loi, ni à l'ordre public.
L'Etat est autorisé à déterminer les conditions dans lesquelles
les logiciels visés au premier alinéa peuvent être utilisés dans les
systèmes de traitement automatisé de données des administrations de
l'Etat, des collectivités territoriales et des opérateurs publics ou
privés gérant des installations d'importance vitale au sens des
articles L. 1332-1 à L. 1332-7 du code de la défense.
Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du
présent article ainsi que la nature des systèmes de traitement
automatisé de données auxquels elles s'appliquent.
Article 16
Dans le code de la propriété intellectuelle, sont
insérés neuf articles L. 331-8 à L. 331-16 ainsi
rédigés :
« Art. L. 331-8. - Le bénéfice de l'exception pour copie privée et
des exceptions mentionnées au présent article est garanti par les
dispositions du présent article et des articles L. 331-9 à L. 331-16.
« L'Autorité de régulation des mesures techniques visée à
l'article L. 331-17 veille à ce que la mise en oeuvre des mesures
techniques de protection n'ait pas pour effet de priver les
bénéficiaires des exceptions définies aux :
« - 2°, e du 3° à compter du 1er janvier 2009, 7° et 8° de l'article L. 122-5 ;
« - 2°, dernier alinéa du 3° à compter du
1er janvier 2009, 6° et 7° de l'article L. 211-3 ;
« - 3° et, à compter du 1er janvier 2009, 4° de l'article L. 342-3.
« Sous réserve des articles L. 331-9 à L. 331-16, l'autorité
détermine les modalités d'exercice des exceptions précitées et fixe
notamment le nombre minimal de copies autorisées dans le cadre de
l'exception pour copie privée, en fonction du type d'oeuvre ou d'objet
protégé, des divers modes de communication au public et des
possibilités offertes par les techniques de protection disponibles.
« Art. L. 331-9. - Les titulaires de droits qui recourent aux
mesures techniques de protection définies à l'article L. 331-5 peuvent
leur assigner pour objectif de limiter le nombre de copies. Ils
prennent cependant les dispositions utiles pour que leur mise en oeuvre
ne prive pas les bénéficiaires des exceptions visées à l'article L.
331-8 de leur exercice effectif. Ils s'efforcent de définir ces mesures
en concertation avec les associations agréées de consommateurs et les
autres parties intéressées.
« Les dispositions du présent article peuvent, dans la mesure où
la technique le permet, subordonner le bénéfice effectif de ces
exceptions à un accès licite à une oeuvre ou à un phonogramme, à un
vidéogramme ou à un programme et veiller à ce qu'elles n'aient pas pour
effet de porter atteinte à son exploitation normale ni de causer un
préjudice injustifié aux intérêts légitimes du titulaire de droits sur
l'oeuvre ou l'objet protégé.
« Art. L. 331-10. - Les titulaires de droits ne sont cependant pas
tenus de prendre les dispositions de l'article L. 331-9 lorsque
l'oeuvre ou un autre objet protégé par un droit voisin est mis à
disposition du public selon des dispositions contractuelles convenues
entre les parties, de manière que chacun puisse y avoir accès de
l'endroit et au moment qu'il choisit.
« Art. L. 331-11. - Les éditeurs et les distributeurs de services
de télévision ne peuvent recourir à des mesures techniques qui auraient
pour effet de priver le public du bénéfice de l'exception pour copie
privée, y compris sur un support et dans un format numérique, dans les
conditions mentionnées au 2° de l'article L. 122-5 et au 2° de
l'article L. 211-3.
« Le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille au respect des
obligations du premier alinéa dans les conditions définies par les
articles 42 et 48-1 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative
à la liberté de communication.
« Art. L. 331-12. - Les conditions d'accès à la lecture d'une
oeuvre, d'un vidéogramme, d'un programme ou d'un phonogramme et les
limitations susceptibles d'être apportées au bénéfice de l'exception
pour copie privée mentionnée au 2° de l'article L. 122-5 et au 2° de
l'article L. 211-3 par la mise en oeuvre d'une mesure technique de
protection doivent être portées à la connaissance de l'utilisateur.
« Art. L. 331-13. - Toute personne bénéficiaire des exceptions
mentionnées à l'article L. 331-8 ou toute personne morale agréée qui la
représente peut saisir l'Autorité de régulation des mesures techniques
de tout différend portant sur les restrictions que les mesures
techniques de protection définies à l'article L. 331-5 apportent au
bénéfice desdites exceptions.
« Art. L. 331-14. - Les personnes morales et les établissements
ouverts au public visés au 7° de l'article L. 122-5 qui réalisent des
reproductions ou des représentations d'une oeuvre ou d'un objet protégé
adaptées aux personnes handicapées peuvent saisir l'Autorité de
régulation des mesures techniques de tout différend portant sur la
transmission des textes imprimés sous la forme d'un fichier numérique.
« Art. L. 331-15. - Dans le respect des droits des parties,
l'Autorité de régulation des mesures techniques favorise ou suscite une
solution de conciliation. Lorsqu'elle dresse un procès-verbal de
conciliation, celui-ci a force exécutoire ; il fait l'objet d'un dépôt
au greffe du tribunal d'instance.
« A défaut de conciliation dans un délai de deux mois à compter de
sa saisine, l'autorité, après avoir mis les intéressés à même de
présenter leurs observations, rend une décision motivée de rejet de la
demande ou émet une injonction prescrivant, au besoin sous astreinte,
les mesures propres à assurer le bénéfice effectif de l'exception.
L'astreinte prononcée par l'autorité est liquidée par cette dernière.
« Ces décisions ainsi que le procès-verbal de conciliation sont
rendus publics dans le respect des secrets protégés par la loi. Elles
sont notifiées aux parties qui peuvent introduire un recours devant la
cour d'appel de Paris. Le recours a un effet suspensif.
« Art. L. 331-16. - Un décret en Conseil d'Etat précise les
conditions d'application de la présente section. Il prévoit les
modalités d'information des utilisateurs d'une oeuvre, d'un
vidéogramme, d'un programme ou d'un phonogramme mentionnées à l'article
L. 331-12. »
Article 17
Dans le code de la propriété intellectuelle, sont
insérés cinq articles L. 331-17 à L. 331-21 ainsi
rédigés :
« Art. L. 331-17. - L'Autorité de régulation des mesures
techniques est une autorité administrative indépendante. Elle assure
une mission générale de veille dans les domaines des mesures techniques
de protection et d'identification des oeuvres et des objets protégés
par le droit d'auteur ou par les droits voisins.
« Elle rend compte chaque année, dans un rapport remis au
Gouvernement et au Parlement, des évolutions les plus marquantes
qu'elle a constatées dans ce domaine et de leur impact prévisible sur
la diffusion des contenus culturels. Elle peut être consultée par les
commissions parlementaires sur les adaptations de l'encadrement
législatif que ces évolutions rendraient nécessaires.
« Elle rend compte également des orientations qu'elle a fixées sur
le fondement de l'article L. 331-8 en matière de périmètre de la copie
privée, ainsi que des décisions qu'elle a rendues sur le fondement de
l'article L. 331-7.
« Art. L. 331-18. - L'Autorité de régulation des
mesures techniques est composée de six membres nommés par
décret.
« Outre le président de la commission mentionnée à l'article L.
311-5 qui participe aux travaux de la commission avec voix
consultative, ses membres sont :
« 1° Un conseiller d'Etat désigné par le vice-président du Conseil d'Etat ;
« 2° Un conseiller à la Cour de cassation
désigné par le premier président de la Cour de
cassation ;
« 3° Un conseiller maître à la Cour des comptes
désigné par le premier président de la Cour des
comptes ;
« 4° Un membre désigné par le président de l'Académie des
technologies, en raison de ses compétences en matière de technologies
de l'information ;
« 5° Un membre du Conseil supérieur de la propriété littéraire et
artistique désigné par le président du Conseil supérieur de la
propriété littéraire et artistique.
« La durée du mandat des membres de l'autorité est
de six ans. Il n'est ni renouvelable, ni révocable.
« En cas de vacance d'un siège de membre de l'autorité, il est
procédé à son remplacement pour la durée du mandat restant à courir.
« Le président est élu par les membres parmi les personnes mentionnées aux 1°, 2° et 3°.
« Art. L. 331-19. - Les fonctions de membre de l'Autorité de
régulation des mesures techniques sont incompatibles avec les fonctions
de dirigeant ou de salarié ou les qualités d'ancien dirigeant ou
d'ancien salarié d'une société régie par le titre II du présent livre
ou de toute entreprise exerçant une activité de production de
phonogrammes ou de vidéogrammes ou offrant des services de
téléchargement d'oeuvres protégées.
« Les membres de l'autorité ne peuvent, directement ou
indirectement, détenir d'intérêts dans une entreprise exerçant une des
activités mentionnées au premier alinéa.
« Aucun membre de l'autorité ne peut participer à une délibération
concernant une entreprise ou une société contrôlée, au sens de
l'article L. 233-16 du code de commerce, par une entreprise dans
laquelle il a, au cours des trois années précédant la délibération,
exercé des fonctions ou détenu un mandat.
« Art. L. 331-20. - L'Autorité de régulation des mesures
techniques dispose de services qui sont placés sous l'autorité de son
secrétaire général.
« Les rapporteurs chargés de l'instruction des dossiers auprès de
l'autorité sont nommés sur proposition du président par arrêté du
ministre chargé de la culture.
« L'autorité peut faire appel à des experts. Elle propose, lors de
l'élaboration du projet de loi de finances de l'année, les crédits
nécessaires à l'accomplissement de ses missions. Ceux-ci sont inscrits
au budget général de l'Etat.
« Le président de l'autorité est ordonnateur des
dépenses. Il présente les comptes de l'autorité
à la Cour des comptes.
« Art. L. 331-21. - Les décisions de l'Autorité de régulation des
mesures techniques sont prises à la majorité des voix. En cas de
partage égal des voix, la voix du président est prépondérante.
« Un décret en Conseil d'Etat fixe les règles
applicables à la procédure et à l'instruction des
dossiers. »
Article 18
Dans le code de la propriété intellectuelle, il est
inséré un article L. 331-22 ainsi rédigé :
« Art. L. 331-22. - Les informations sous forme électronique
concernant le régime des droits afférents à une oeuvre, autre qu'un
logiciel, une interprétation, un phonogramme, un vidéogramme ou un
programme, sont protégées dans les conditions prévues au présent titre,
lorsque l'un des éléments d'information, numéros ou codes est joint à
la reproduction ou apparaît en relation avec la communication au public
de l'oeuvre, de l'interprétation, du phonogramme, du vidéogramme ou du
programme qu'il concerne.
« On entend par information sous forme électronique toute
information fournie par un titulaire de droits qui permet d'identifier
une oeuvre, une interprétation, un phonogramme, un vidéogramme, un
programme ou un titulaire de droit, toute information sur les
conditions et modalités d'utilisation d'une oeuvre, d'une
interprétation, d'un phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme,
ainsi que tout numéro ou code représentant tout ou partie de ces
informations. »
Article 19
L'article L. 332-1 du code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou tout
exemplaire, produit, appareil, dispositif, composant ou moyen portant
atteinte aux mesures techniques et aux informations mentionnées
respectivement aux articles L. 331-5 et L. 331-22 » ;
2° Le 1° est complété par les mots : « ou à la réalisation d'une
atteinte aux mesures techniques et aux informations mentionnées
respectivement aux articles L. 331-5 et L. 331-22 » ;
3° Dans le 2°, après les mots : « illicite de l'oeuvre, déjà
fabriqués ou en cours de fabrication, », sont insérés les mots : « ou
des exemplaires, produits, appareils, dispositifs, composants ou
moyens, fabriqués ou en cours de fabrication, portant atteinte aux
mesures techniques et aux informations mentionnées respectivement aux
articles L. 331-5 et L. 331-22, » ;
4° Le 3° est complété par les mots : « ou provenant d'une atteinte
aux mesures techniques et aux informations mentionnées respectivement
aux articles L. 331-5 et L. 331-22 ».
Article 20
L'article L. 335-1 du code de la propriété intellectuelle est ainsi rédigé :
« Art. L. 335-1. - Les officiers de police judiciaire compétents
peuvent procéder, dès la constatation des infractions prévues aux
articles L. 335-4 à L. 335-4-2, à la saisie des phonogrammes et
vidéogrammes reproduits illicitement, des exemplaires et objets
fabriqués ou importés illicitement, de tout exemplaire, produit,
appareil, dispositif, composant ou moyen portant atteinte aux mesures
techniques et aux informations mentionnées respectivement aux articles
L. 331-5 et L. 331-22 ainsi qu'à la saisie des matériels spécialement
installés en vue de tels agissements. »
Article 21
Après l'article L. 335-2 du code de la propriété
intellectuelle, il est inséré un article L. 335-2-1 ainsi
rédigé :
« Art. L. 335-2-1. - Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 EUR d'amende le fait :
« 1° D'éditer, de mettre à la disposition du public ou de
communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un
logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non
autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés ;
« 2° D'inciter sciemment, y compris à travers une
annonce publicitaire, à l'usage d'un logiciel mentionné
au 1°.
[Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par la
décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC du 27 juillet 2006.]
Article 22
Après l'article L. 335-3 du code de la propriété intellectuelle,
sont insérés deux articles L. 335-3-1 et L. 335-3-2 ainsi rédigés :
« Art. L. 335-3-1. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait
de porter atteinte sciemment, à des fins autres que la recherche, à une
mesure technique efficace telle que définie à l'article L. 331-5, afin
d'altérer la protection d'une oeuvre par un décodage, un décryptage ou
toute autre intervention personnelle destinée à contourner, neutraliser
ou supprimer un mécanisme de protection ou de contrôle, lorsque cette
atteinte est réalisée par d'autres moyens que l'utilisation d'une
application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant
mentionné au II.
« II. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait de procurer ou proposer sciemment à autrui,
directement ou indirectement, des moyens conçus ou spécialement adaptés
pour porter atteinte à une mesure technique efficace telle que définie
à l'article L. 331-5, par l'un des procédés suivants :
« 1° En fabriquant ou en important une application technologique,
un dispositif ou un composant, à des fins autres que la recherche ;
« 2° En détenant en vue de la vente, du prêt ou de la location, en
offrant à ces mêmes fins ou en mettant à disposition du public sous
quelque forme que ce soit une application technologique, un dispositif
ou un composant ;
« 3° En fournissant un service à cette fin ;
« 4° En incitant à l'usage ou en commandant, concevant,
organisant, reproduisant, distribuant ou diffusant une publicité en
faveur de l'un des procédés visés aux 1° à 3°.
« III. - Ces dispositions ne sont pas applicables aux actes
réalisés à des fins [Dispositions déclarées non conformes à la
Constitution par la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC
du 27 juillet 2006] de sécurité informatique, dans les limites des
droits prévus par le présent code.
« Art. L. 335-3-2. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait
de supprimer ou de modifier, sciemment et à des fins autres que la
recherche, tout élément d'information visé à l'article L. 331-22, par
une intervention personnelle ne nécessitant pas l'usage d'une
application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant,
conçus ou spécialement adaptés à cette fin, dans le but de porter
atteinte à un droit d'auteur, de dissimuler ou de faciliter une telle
atteinte.
« II. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait de procurer ou proposer sciemment à autrui,
directement ou indirectement, des moyens conçus ou spécialement adaptés
pour supprimer ou modifier, même partiellement, un élément
d'information visé à l'article L. 331-22, dans le but de porter
atteinte à un droit d'auteur, de dissimuler ou de faciliter une telle
atteinte, par l'un des procédés suivants :
« 1° En fabriquant ou en important une application technologique,
un dispositif ou un composant, à des fins autres que la recherche ;
« 2° En détenant en vue de la vente, du prêt ou de la location, en
offrant à ces mêmes fins ou en mettant à disposition du public sous
quelque forme que ce soit une application technologique, un dispositif
ou un composant ;
« 3° En fournissant un service à cette fin ;
« 4° En incitant à l'usage ou en commandant, concevant,
organisant, reproduisant, distribuant ou diffusant une publicité en
faveur de l'un des procédés visés aux 1° à 3°.
« III. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait, sciemment, d'importer, de distribuer, de mettre à
disposition du public sous quelque forme que ce soit ou de communiquer
au public, directement ou indirectement, une oeuvre dont un élément
d'information mentionné à l'article L. 331-22 a été supprimé ou modifié
dans le but de porter atteinte à un droit d'auteur, de dissimuler ou de
faciliter une telle atteinte.
« IV. - Ces dispositions ne sont pas applicables aux actes
réalisés à des fins de recherche [Dispositions déclarées non conformes
à la Constitution par la décision du Conseil constitutionnel n°
2006-540 DC du 27 juillet 2006] ou de sécurité informatique, dans les
limites des droits prévus par le présent code. »
Article 23
Après l'article L. 335-4 du code de la propriété intellectuelle,
sont insérés deux articles L. 335-4-1 et L. 335-4-2 ainsi rédigés :
« Art. L. 335-4-1. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait
de porter atteinte sciemment, à des fins autres que la recherche, à une
mesure technique efficace telle que définie à l'article L. 331-5, afin
d'altérer la protection d'une interprétation, d'un phonogramme, d'un
vidéogramme ou d'un programme par un décodage, un décryptage ou toute
autre intervention personnelle destinée à contourner, neutraliser ou
supprimer un mécanisme de protection ou de contrôle, lorsque cette
atteinte est réalisée par d'autres moyens que l'utilisation d'une
application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant
mentionné au II.
« II. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait de procurer ou proposer sciemment à autrui,
directement ou indirectement, des moyens conçus ou spécialement adaptés
pour porter atteinte à une mesure technique efficace telle que définie
à l'article L. 331-5, par l'un des procédés suivants :
« 1° En fabriquant ou en important une application technologique,
un dispositif ou un composant, à des fins autres que la recherche ;
« 2° En détenant en vue de la vente, du prêt ou de la location, en
offrant à ces mêmes fins ou en mettant à disposition du public sous
quelque forme que ce soit une application technologique, un dispositif
ou un composant ;
« 3° En fournissant un service à cette fin ;
« 4° En incitant à l'usage ou en commandant, concevant,
organisant, reproduisant, distribuant ou diffusant une publicité en
faveur de l'un des procédés visés aux 1° à 3°.
« III. - Ces dispositions ne sont pas applicables aux actes
réalisés à des fins [Dispositions déclarées non conformes à la
Constitution par la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC
du 27 juillet 2006] de sécurité informatique, dans les limites des
droits prévus par le présent code.
« Art. L. 335-4-2. - I. - Est puni de 3 750 EUR d'amende le fait
de supprimer ou de modifier, sciemment et à des fins autres que la
recherche, tout élément d'information visé à l'article L. 331-22, par
une intervention personnelle ne nécessitant pas l'usage d'une
application technologique, d'un dispositif ou d'un composant existant,
conçus ou spécialement adaptés à cette fin, dans le but de porter
atteinte à un droit voisin du droit d'auteur, de dissimuler ou de
faciliter une telle atteinte.
« II. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait de procurer ou proposer sciemment à autrui,
directement ou indirectement, des moyens conçus ou spécialement adaptés
pour supprimer ou modifier, même partiellement, un élément
d'information visé à l'article L. 331-22, dans le but de porter
atteinte à un droit voisin du droit d'auteur, de dissimuler ou de
faciliter une telle atteinte, par l'un des procédés suivants :
« 1° En fabriquant ou en important une application technologique,
un dispositif ou un composant, à des fins autres que la recherche ;
« 2° En détenant en vue de la vente, du prêt ou de la location, en
offrant à ces mêmes fins ou en mettant à disposition du public sous
quelque forme que ce soit une application technologique, un dispositif
ou un composant ;
« 3° En fournissant un service à cette fin ;
« 4° En incitant à l'usage ou en commandant, concevant,
organisant, reproduisant, distribuant ou diffusant une publicité en
faveur de l'un des procédés visés aux 1° à 3°.
« III. - Est puni de six mois d'emprisonnement et de 30 000 EUR
d'amende le fait, sciemment, d'importer, de distribuer, de mettre à
disposition du public sous quelque forme que ce soit ou de communiquer
au public, directement ou indirectement, une interprétation, un
phonogramme, un vidéogramme ou un programme, dont un élément
d'information mentionné à l'article L. 331-22 a été supprimé ou modifié
dans le but de porter atteinte à un droit voisin du droit d'auteur, de
dissimuler ou de faciliter une telle atteinte.
« IV. - Ces dispositions ne sont pas applicables aux actes
réalisés à des fins [Dispositions déclarées non conformes à la
Constitution par la décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC
du 27 juillet 2006] de sécurité informatique, dans les limites des
droits prévus par le présent code. »
Article 24
[Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par la
décision du Conseil constitutionnel n° 2006-540 DC du 27 juillet 2006.]
Article 25
Après l'article L. 335-10 du code de la propriété
intellectuelle, il est inséré un article L. 335-12 ainsi
rédigé :
« Art. L. 335-12. - Le titulaire d'un accès à des services de
communication au public en ligne doit veiller à ce que cet accès ne
soit pas utilisé à des fins de reproduction ou de représentation
d'oeuvres de l'esprit sans l'autorisation des titulaires des droits
prévus aux livres Ier et II, lorsqu'elle est requise, en mettant en
oeuvre les moyens de sécurisation qui lui sont proposés par le
fournisseur de cet accès en application du premier alinéa du I de
l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance
dans l'économie numérique. »
Article 26
I. - Dans le premier alinéa de l'article L. 335-5 du code de la
propriété intellectuelle, les mots : « trois précédents articles » sont
remplacés par les mots : « articles L. 335-2 à L. 335-4-2 ».
II. - Au début du premier alinéa de l'article L. 335-6 du même
code, les mots : « Dans tous les cas prévus aux quatre articles
précédents, » sont remplacés par les mots : « En cas de condamnation
pour l'un des délits prévus et réprimés au présent chapitre, ».
III. - Au début de l'article L. 335-7 du même code, les mots : «
Dans les cas prévus aux cinq articles précédents, » sont remplacés par
les mots : « Lorsqu'il est fait application de l'article précédent, ».
IV. - Dans le premier alinéa de l'article L. 335-8 du même code,
les mots : « infractions définies aux articles L. 335-2 à L. 335-4 du
présent code » sont remplacés par les mots : « délits prévus et
réprimés au présent chapitre ».
V. - Dans l'article L. 335-9 du même code, les mots : «
infractions définies aux articles L. 335-2 à L. 335-4 » sont remplacés
par les mots : « délits prévus et réprimés au présent chapitre ».
Article 27
Après l'article L. 335-10 du code de la propriété
intellectuelle, il est inséré un chapitre VI ainsi
rédigé :
« Chapitre VI
« Prévention du téléchargement illicite
« Art. L. 336-1. - Lorsqu'un logiciel est principalement utilisé
pour la mise à disposition illicite d'oeuvres ou d'objets protégés par
un droit de propriété littéraire et artistique, le président du
tribunal de grande instance, statuant en référé, peut ordonner sous
astreinte toutes mesures nécessaires à la protection de ce droit et
conformes à l'état de l'art.
« Les mesures ainsi ordonnées ne peuvent avoir pour effet de
dénaturer les caractéristiques essentielles ou la destination initiale
du logiciel.
« L'article L. 332-4 est applicable aux logiciels mentionnés au présent article. »
Article 28
Après l'article L. 335-10 du code de la propriété
intellectuelle, il est inséré un article L. 336-2 ainsi
rédigé :
« Art. L. 336-2. - Les personnes dont l'activité est d'offrir un
accès à des services de communication au public en ligne adressent, à
leurs frais, aux utilisateurs de cet accès des messages de
sensibilisation aux dangers du téléchargement et de la mise à
disposition illicites pour la création artistique. Un décret en Conseil
d'Etat détermine les modalités de diffusion de ces messages. »
Article 29
Après l'article L. 342-3 du code de la propriété intellectuelle,
sont insérés deux articles L. 342-3-1 et L. 342-3-2 ainsi rédigés :
« Art. L. 342-3-1. - Les mesures techniques efficaces au sens de
l'article L. 331-5 qui sont propres à empêcher ou à limiter les
utilisations d'une base de données que le producteur n'a pas autorisées
en application de l'article L. 342-1 bénéficient de la protection
prévue à l'article L. 335-4-1.
« Les producteurs de bases de données qui recourent aux mesures
techniques de protection mentionnées au premier alinéa prennent
cependant les dispositions utiles pour que leur mise en oeuvre ne prive
pas les bénéficiaires des exceptions définies à l'article L. 342-3 de
leur bénéfice effectif, suivant les conditions prévues aux articles L.
331-8 et suivants.
« Tout différend relatif à la faculté de bénéficier des exceptions
définies à l'article L. 342-3 qui implique une mesure technique visée
au premier alinéa du présent article est soumis à l'Autorité de
régulation des mesures techniques prévue à l'article L. 331-17.
« Art. L. 342-3-2. - Les informations sous forme électronique
relatives au régime des droits du producteur d'une base de données, au
sens de l'article L. 331-22, bénéficient de la protection prévue à
l'article L. 335-4-2. »
Article 30
I. - L'article L. 132-20 du code de la propriété
intellectuelle est complété par un 4° ainsi
rédigé :
« 4° L'autorisation de télédiffuser une oeuvre par voie hertzienne
comprend la distribution à des fins non commerciales de cette
télédiffusion sur les réseaux internes aux immeubles ou ensembles
d'immeubles collectifs à usage d'habitation installés par leurs
propriétaires ou copropriétaires, ou par les mandataires de ces
derniers, à seule fin de permettre le raccordement de chaque logement
de ces mêmes immeubles ou ensembles d'immeubles collectifs à usage
d'habitation à des dispositifs collectifs de réception des
télédiffusions par voie hertzienne normalement reçues dans la zone. »
II. - Après l'article L. 216-1 du même code, il est
inséré un article L. 216-2 ainsi rédigé :
« Art. L. 216-2. - L'autorisation de télédiffuser par voie
hertzienne la prestation d'un artiste-interprète, un phonogramme, un
vidéogramme ou les programmes d'une entreprise de communication
audiovisuelle comprend la distribution à des fins non commerciales de
cette télédiffusion sur les réseaux internes aux immeubles ou ensembles
d'immeubles collectifs à usage d'habitation installés par leurs
propriétaires ou copropriétaires, ou par les mandataires de ces
derniers, à seule fin de permettre le raccordement de chaque logement
de ces mêmes immeubles ou ensembles d'immeubles collectifs à usage
d'habitation à des dispositifs collectifs de réception des
télédiffusions par voie hertzienne normalement reçues dans la zone. »
TITRE II
DROIT D'AUTEUR DES AGENTS DE L'ÉTAT, DES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES ET DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS À
CARACTÈRE ADMINISTRATIF
Article 31
I. - Le troisième alinéa de l'article L. 111-1 du code de
la propriété intellectuelle est ainsi
rédigé :
« L'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou
de service par l'auteur d'une oeuvre de l'esprit n'emporte pas
dérogation à la jouissance du droit reconnu par le premier alinéa, sous
réserve des exceptions prévues par le présent code. Sous les mêmes
réserves, il n'est pas non plus dérogé à la jouissance de ce même droit
lorsque l'auteur de l'oeuvre de l'esprit est un agent de l'Etat, d'une
collectivité territoriale, d'un établissement public à caractère
administratif, d'une autorité administrative indépendante dotée de la
personnalité morale ou de la Banque de France. »
II. - Le même article est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Les dispositions des articles L. 121-7-1 et L. 131-3-1 à L.
131-3-3 ne s'appliquent pas aux agents auteurs d'oeuvres dont la
divulgation n'est soumise, en vertu de leur statut ou des règles qui
régissent leurs fonctions, à aucun contrôle préalable de l'autorité
hiérarchique. »
Article 32
Après l'article L. 121-7 du code de la propriété
intellectuelle, il est inséré un article L. 121-7-1 ainsi
rédigé :
« Art. L. 121-7-1. - Le droit de divulgation reconnu à l'agent
mentionné au troisième alinéa de l'article L. 111-1, qui a créé une
oeuvre de l'esprit dans l'exercice de ses fonctions ou d'après les
instructions reçues, s'exerce dans le respect des règles auxquelles il
est soumis en sa qualité d'agent et de celles qui régissent
l'organisation, le fonctionnement et l'activité de la personne publique
qui l'emploie.
« L'agent ne peut :
« 1° S'opposer à la modification de l'oeuvre décidée dans
l'intérêt du service par l'autorité investie du pouvoir hiérarchique,
lorsque cette modification ne porte pas atteinte à son honneur ou à sa
réputation ;
« 2° Exercer son droit de repentir et de retrait, sauf accord
de l'autorité investie du pouvoir hiérarchique. »
Article 33
Après l'article L. 131-3 du code de la propriété intellectuelle,
sont insérés trois articles L. 131-3-1 à L. 131-3-3 ainsi rédigés :
« Art. L. 131-3-1. - Dans la mesure strictement nécessaire à
l'accomplissement d'une mission de service public, le droit
d'exploitation d'une oeuvre créée par un agent de l'Etat dans
l'exercice de ses fonctions ou d'après les instructions reçues est, dès
la création, cédé de plein droit à l'Etat.
« Pour l'exploitation commerciale de l'oeuvre mentionnée au
premier alinéa, l'Etat ne dispose envers l'agent auteur que d'un droit
de préférence. Cette disposition n'est pas applicable dans le cas
d'activités de recherche scientifique d'un établissement public à
caractère scientifique et technologique ou d'un établissement public à
caractère scientifique, culturel et professionnel, lorsque ces
activités font l'objet d'un contrat avec une personne morale de droit
privé.
« Art. L. 131-3-2. - Les dispositions de l'article L. 131-3-1
s'appliquent aux collectivités territoriales, aux établissements
publics à caractère administratif, aux autorités administratives
indépendantes dotées de la personnalité morale et à la Banque de France
à propos des oeuvres créées par leurs agents dans l'exercice de leurs
fonctions ou d'après les instructions reçues.
« Art. L. 131-3-3. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les
modalités d'application des articles L. 131-3-1 et L. 131-3-2. Il
définit en particulier les conditions dans lesquelles un agent, auteur
d'une oeuvre, peut être intéressé aux produits tirés de son
exploitation quand la personne publique qui l'emploie, cessionnaire du
droit d'exploitation, a retiré un avantage d'une exploitation non
commerciale de cette oeuvre ou d'une exploitation commerciale dans le
cas prévu par la dernière phrase du dernier alinéa de l'article L.
131-3-1. »
TITRE III
DISPOSITIONS APPLICABLES AUX SOCIÉTÉS
DE PERCEPTION ET DE RÉPARTITION DES DROITS
Article 34
L'article L. 321-3 du code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :
1° Dans le deuxième alinéa, les mots : « le
mois » sont remplacés par les mots : « les deux mois
» ;
2° Le troisième alinéa est complété par les mots : « ainsi que la
conformité de leurs statuts et de leur règlement général à la
réglementation en vigueur » ;
3° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Le ministre chargé de la culture peut, à tout moment, saisir le
tribunal de grande instance pour demander l'annulation des dispositions
des statuts, du règlement général ou d'une décision des organes sociaux
non conformes à la réglementation en vigueur dès lors que ses
observations tendant à la mise en conformité de ces dispositions ou
cette décision n'ont pas été suivies d'effet dans un délai de deux mois
à compter de leur transmission, ou de six mois si une décision de
l'assemblée des associés est nécessaire. »
Article 35
L'article L. 321-12 du code de la propriété
intellectuelle est complété par un alinéa ainsi
rédigé :
« Les règles comptables communes aux sociétés de perception et de
répartition des droits sont établies dans les conditions fixées par le
Comité de la réglementation comptable. »
Article 36
I. - Le 4° de la section V du chapitre II du titre Ier de la
première partie du livre Ier du code général des impôts est ainsi
rédigé :
« 4° Crédit d'impôt pour dépenses de production d'oeuvres phonographiques.
« Art. 220 octies. - I. - Les entreprises de production
phonographique au sens de l'article L. 213-1 du code de la propriété
intellectuelle, soumises à l'impôt sur les sociétés et existant depuis
au moins trois années, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre
des dépenses de production, de développement et de numérisation d'un
enregistrement phonographique ou vidéographique musical (vidéomusique
ou disque numérique polyvalent musical) mentionnées au III, à condition
de ne pas être détenues, directement ou indirectement, par un éditeur
de service de télévision ou de radiodiffusion.
« II. - 1. Pour avoir droit au crédit d'impôt, les productions
d'enregistrements phonographiques ou vidéographiques musicaux
mentionnés au I doivent remplir les conditions cumulatives suivantes :
« a) Etre réalisées avec le concours de personnel non permanent de
l'entreprise : artistes-interprètes, solistes et musiciens, et
techniciens collaborateurs à la réalisation de la production qui sont
soit de nationalité française, soit ressortissants d'un Etat partie à
l'accord sur l'Espace économique européen ; les étrangers autres que
les ressortissants européens précités, ayant la qualité de résidents
français, sont assimilés aux citoyens français ;
« b) Etre réalisées par des entreprises et industries techniques
liées à la production phonographique qui sont établies en France ou
dans un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen et qui
y effectuent les prestations liées à la réalisation d'un enregistrement
phonographique ainsi qu'aux opérations de post-production ;
« c) Porter sur des productions phonographiques d'albums de nouveaux talents définis comme :
« - des artistes ou groupes d'artistes interprétant des oeuvres
musicales d'expression française ou dans une langue régionale en usage
en France ;
« - des compositeurs ou des artistes-interprètes européens de musiques instrumentales.
« Les artistes ou groupes d'artistes et les compositeurs ou
artistes-interprètes mentionnés aux deux alinéas précédents ne doivent
pas avoir dépassé le seuil de 100 000 ventes pour deux albums distincts
précédant ce nouvel enregistrement.
« 2. Le développement et la numérisation des productions
phonographiques doivent porter sur des productions phonographiques
telles que définies au 1.
« III. - Le crédit d'impôt, calculé au titre de chaque exercice,
est égal à 20 % du montant total des dépenses suivantes engagées entre
le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009, correspondant à des
opérations effectuées en France ou dans un Etat partie à l'accord sur
l'Espace économique européen :
« 1° Pour les dépenses correspondant aux frais de
production d'un enregistrement phonographique ou vidéographique
musical :
« - les frais de personnel autre que le personnel permanent de
l'entreprise : les salaires et charges sociales afférents aux
artistes-interprètes, au réalisateur, à l'ingénieur du son et aux
techniciens engagés pour la réalisation d'un enregistrement
phonographique par l'entreprise de production ;
« - les dépenses liées à l'utilisation des studios
d'enregistrement ainsi qu'à la location et au transport de matériels et
d'instruments ;
« - les dépenses liées à la conception graphique d'un enregistrement phonographique ;
« - les dépenses de post-production : montage, mixage,
codage, matriçage et frais de création des visuels ;
« - les dépenses liées au coût de numérisation et d'encodage des productions ;
« 2° Pour les dépenses liées au développement de productions
phonographiques ou vidéographiques musicales mentionnées au 1 du II :
« - les frais de répétition des titres ayant fait l'objet d'un
enregistrement dans les conditions mentionnées au 1 du II (location de
studio, location et transport de matériels et d'instruments, salaires
et charges sociales afférents aux personnes mentionnées au a du 1 du
II) ;
« - les dépenses engagées afin de soutenir la production de
concerts de l'artiste en France ou à l'étranger, dont le montant global
est fixé dans le cadre d'un contrat d'artiste ou de licence ;
« - les dépenses engagées au titre de la participation de
l'artiste à des émissions de télévision ou de radio dans le cadre de la
promotion de l'oeuvre agréée, prévues par le contrat d'artiste ou de
licence ;
« - les dépenses liées à la
réalisation et à la production d'images permettant le
développement de la carrière de l'artiste ;
« - les dépenses liées à la création d'un site internet dédié à
l'artiste dans le cadre du développement de sa carrière dans
l'environnement numérique.
« Le montant des dépenses dites de développement éligibles au
crédit d'impôt est limité à 350 000 par enregistrement phonographique
ou vidéographique musical. Ces dépenses devront être engagées dans les
dix-huit mois suivant la fixation de l'oeuvre au sens de l'article L.
213-1 du code de la propriété intellectuelle ou de la production d'un
disque numérique polyvalent musical.
« Le montant des dépenses définies aux 1° et 2°, lorsqu'elles sont
confiées à des entreprises mentionnées au b du 1 du II, est plafonné à
2 300 000 par entreprise et par exercice.
« Pour les entreprises qui ne répondent pas à la définition
européenne de la petite et moyenne entreprise au sens de la
recommandation 2003/361/CE de la Commission du 6 mai 2003 concernant la
définition des micro, petites et moyennes entreprises, les dépenses
définies aux 1° et 2° entrent dans la base de calcul du crédit d'impôt
pour les seules productions qui excèdent la moyenne, après application
d'une décote de 20 %, des productions définies au c du 1 du II
réalisées au titre des deux derniers exercices. En cas de décimale,
l'unité supérieure est retenue.
« IV. - Les dépenses ouvrent droit au crédit d'impôt à compter de
la délivrance, par le ministre chargé de la culture, d'un agrément à
titre provisoire attestant que les productions phonographiques ou
vidéographiques musicales remplissent les conditions prévues au 1 du
II. Cet agrément est délivré après avis d'un comité d'experts dont les
modalités de fonctionnement sont précisées par décret, sur la base de
pièces justificatives comprenant notamment :
« - par artiste-interprète ou compositeur, la liste des albums
antérieurs, par ordre chronologique de première commercialisation en
France et leurs résultats en nombre d'unités vendues ;
« - la liste des albums tels que définis au 1 du II par date de
première commercialisation prévisionnelle pour l'exercice en cours ;
« - pour le calcul du seuil mentionné au dernier alinéa du III, la
liste de l'ensemble des productions telles que définies au c du 1 du
II, commercialisées les deux années précédant l'année de référence pour
le calcul du crédit d'impôt.
« V. - Les subventions publiques reçues par les entreprises à
raison des dépenses ouvrant droit au crédit d'impôt sont déduites des
bases de calcul de ce crédit.
« VI. - 1. La somme des crédits d'impôt calculés au titre des
dépenses éligibles ne peut excéder 500 000 par entreprise et par
exercice.
« 2. En cas de coproduction, le crédit d'impôt est accordé à
chacune des entreprises, proportionnellement à sa part dans les
dépenses exposées. »
II. - Après l'article 220 P du même code, il est
inséré un article 220 Q ainsi rédigé :
« Art. 220 Q. - Le crédit d'impôt défini à l'article 220 octies
est imputé sur l'impôt sur les sociétés dû par l'entreprise au titre de
l'exercice au cours duquel les dépenses définies au III du même article
ont été exposées. Si le montant du crédit d'impôt excède l'impôt dû au
titre dudit exercice, l'excédent est restitué.
« L'excédent de crédit d'impôt constitue au profit de l'entreprise
une créance sur l'Etat d'un montant égal. Cette créance est inaliénable
et incessible, sauf dans les conditions prévues par les articles L.
313-23 à L. 313-35 du code monétaire et financier.
« L'agrément visé au premier alinéa du IV de l'article 220 octies
du présent code ne peut être accordé lorsque l'ensemble des obligations
légales, fiscales et sociales ne sont pas respectées par l'entreprise
souhaitant bénéficier du dispositif.
« Le crédit d'impôt obtenu au titre des dépenses relatives à des
oeuvres n'ayant pas reçu, dans un délai maximum de vingt-quatre mois à
compter de leur fixation au sens de l'article L. 213-1 du code de la
propriété intellectuelle ou de la production d'un disque numérique
polyvalent musical, l'agrément à titre définitif délivré par le
ministre chargé de la culture attestant que les conditions visées au 1
du II de l'article 220 octies du présent code ont été respectées fait
l'objet d'un reversement.
« L'agrément à titre définitif est délivré par le ministre chargé
de la culture après avis d'un comité d'experts dont les modalités de
fonctionnement sont précisées par décret, sur la base de pièces
justificatives, comprenant notamment un document comptable certifié par
un expert-comptable indiquant le coût définitif des opérations, les
moyens de leur financement et faisant apparaître précisément les
dépenses engagées ainsi que la liste nominative définitive du personnel
non permanent, des entreprises et industries techniques et des
prestataires spécialisés, précisant leur nationalité. »
III. - Le 1 de l'article 223 O du même code est complété par un q ainsi rédigé :
« q) Des crédits d'impôt dégagés par chaque société du groupe en
application de l'article 220 octies ; les dispositions de l'article 220
Q s'appliquent à la somme de ces crédits d'impôt. »
IV. - Les dispositions du I s'appliquent aux dépenses exposées
pour la production, le développement et la numérisation
d'enregistrements phonographiques ou vidéographiques musicaux ayant
reçu un agrément à titre provisoire à compter du 1er janvier 2006.
Article 37
Le II de l'article 5 de la loi n° 98-261 du 6 avril 1998 portant
réforme de la réglementation comptable et adaptation du régime de la
publicité foncière est complété par les mots : « et, lorsqu'ils
concernent les sociétés de perception et de répartition des droits, du
ministre chargé de la culture ».
Article 38
L'article L. 132-25 du code de la propriété
intellectuelle est complété par un alinéa ainsi
rédigé :
« Les accords relatifs à la rémunération des auteurs conclus entre
les organismes professionnels d'auteurs ou les sociétés de perception
et de répartition des droits mentionnées au titre II du livre III et
les organisations représentatives d'un secteur d'activité peuvent être
rendus obligatoires à l'ensemble des intéressés du secteur d'activité
concerné par arrêté du ministre chargé de la culture. »
TITRE IV
DÉPÔT LÉGAL
Article 39
Le dernier alinéa de l'article L. 131-2 du code du patrimoine
est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés
:
« Les logiciels et les bases de données sont soumis à l'obligation
de dépôt légal dès lors qu'ils sont mis à disposition d'un public par
la diffusion d'un support matériel, quelle que soit la nature de ce
support.
« Sont également soumis au dépôt légal les signes, signaux,
écrits, images, sons ou messages de toute nature faisant l'objet d'une
communication au public par voie électronique. »
Article 40
L'article L. 131-1 du code du patrimoine est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Les organismes dépositaires doivent se conformer à la
législation sur la propriété intellectuelle sous réserve des
dispositions particulières prévues par le présent titre. »
Article 41
I. - L'article L. 132-2 du code du patrimoine est ainsi modifié :
1° Le c est ainsi rédigé :
« c) Celles qui éditent, produisent ou importent des logiciels ou des bases de données ; »
2° Le f est ainsi rédigé :
« f) Les services de radio et de télévision au sens de la loi n°
86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ; »
3° Avant le dernier alinéa, il est inséré un i ainsi rédigé :
« i) Celles qui éditent ou produisent en vue de la communication
au public par voie électronique, au sens du deuxième alinéa de
l'article 2 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 précitée, des
signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature. »
II. - Après l'article L. 132-2 du même code, il est
inséré un article L. 132-2-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 132-2-1. - Les organismes dépositaires mentionnés à
l'article L. 132-3 procèdent, conformément aux objectifs définis à
l'article L. 131-1, auprès des personnes mentionnées au i de l'article
L. 132-2, à la collecte des signes, signaux, écrits, images, sons ou
messages de toute nature mis à la disposition du public ou de
catégories de public.
« Ces organismes informent les personnes mentionnées au i de
l'article L. 132-2 des procédures de collecte qu'ils mettent en oeuvre
pour permettre l'accomplissement des obligations relatives au dépôt
légal. Ils peuvent procéder eux-mêmes à cette collecte selon des
procédures automatiques ou en déterminer les modalités en accord avec
ces personnes. La mise en oeuvre d'un code ou d'une restriction d'accès
par ces personnes ne peut faire obstacle à la collecte par les
organismes dépositaires précités.
« Les organismes chargés de la gestion des noms de domaine et le
Conseil supérieur de l'audiovisuel sont autorisés à communiquer aux
organismes dépositaires les données d'identification fournies par les
personnes mentionnées au i de l'article L. 132-2.
« Les conditions de sélection et de consultation des informations
collectées sont fixées par décret en Conseil d'Etat pris après avis de
la Commission nationale de l'informatique et des libertés. »
Article 42
I. - L'article L. 132-4 du code du patrimoine est ainsi rédigé :
« Art. L. 132-4. - L'auteur ne peut interdire aux organismes
dépositaires, pour l'application du présent titre :
« 1° La consultation de l'oeuvre sur place par des chercheurs
dûment accrédités par chaque organisme dépositaire sur des postes
individuels de consultation dont l'usage est exclusivement réservé à
ces chercheurs ;
« 2° La reproduction d'une oeuvre, sur tout support et par tout
procédé, lorsque cette reproduction est nécessaire à la collecte, à la
conservation et à la consultation sur place dans les conditions prévues
au 1°. »
II. - Après l'article L. 132-4 du même code, sont
insérés deux articles L. 132-5 et L. 132-6 ainsi
rédigés :
« Art. L. 132-5. - L'artiste-interprète, le producteur de
phonogrammes ou de vidéogrammes ou l'entreprise de communication
audiovisuelle ne peut interdire la reproduction et la communication au
public des documents mentionnés à l'article L. 131-2 dans les
conditions prévues à l'article L. 132-4.
« Art. L. 132-6. - Le producteur d'une base de données ne peut
interdire l'extraction et la réutilisation par mise à disposition de la
totalité ou d'une partie de la base dans les conditions prévues à
l'article L. 132-4. »
Article 43
Le dernier alinéa de l'article 22 de la loi n° 86-1067 du 30
septembre 1986 relative à la liberté de communication est remplacé par
deux alinéas ainsi rédigés :
« Il contrôle leur utilisation.
« Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et l'Agence nationale des
fréquences prennent les mesures nécessaires pour assurer une bonne
réception des signaux et concluent entre eux à cet effet les
conventions nécessaires. »
Article 44
Le dernier alinéa du II de l'article 49 de la loi n° 86-1067 du 30
septembre 1986 précitée est complété par deux phrases ainsi rédigées :
« Toutefois, par dérogation aux articles L. 212-3 et L. 212-4 du
code de la propriété intellectuelle, les conditions d'exploitation des
prestations des artistes-interprètes des archives mentionnées au
présent article et les rémunérations auxquelles cette exploitation
donne lieu sont régies par des accords conclus entre les
artistes-interprètes eux-mêmes ou les organisations de salariés
représentatives des artistes-interprètes et l'institut. Ces accords
doivent notamment préciser le barème des rémunérations et les modalités
de versement de ces rémunérations. »
Article 45
Le IV de l'article 49 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 précitée est ainsi rédigé :
« IV. - En application des articles L. 131-2 et L. 132-3 du code
du patrimoine, l'institut est seul responsable de la collecte, au titre
du dépôt légal, des documents sonores et audiovisuels radiodiffusés ou
télédiffusés ; il participe avec la Bibliothèque nationale de France à
la collecte, au titre du dépôt légal, des signes, signaux, écrits,
images, sons ou messages de toute nature faisant l'objet d'une
communication publique en ligne. L'institut gère le dépôt légal dont il
a la charge conformément aux objectifs et dans les conditions définis à
l'article L. 131-1 du même code. »
Article 46
Dans les articles L. 214-2 et L. 311-2 du code de la propriété
intellectuelle, les mots : « en France » sont remplacés par les mots :
« dans un Etat membre de la Communauté européenne ».
Article 47
L'article 2-1 du code de l'industrie cinématographique est ainsi rédigé :
« Art. 2-1. - Le Centre national de la cinématographie exerce les
missions qui lui sont confiées par le titre III du livre Ier du code du
patrimoine. »
TITRE V
DISPOSITIONS DIVERSES
Article 48
L'article L. 122-8 du code de la propriété intellectuelle est ainsi rédigé :
« Art. L. 122-8. - Les auteurs d'oeuvres originales graphiques et
plastiques ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne
ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen
bénéficient d'un droit de suite, qui est un droit inaliénable de
participation au produit de toute vente d'une oeuvre après la première
cession opérée par l'auteur ou par ses ayants droit, lorsque intervient
en tant que vendeur, acheteur ou intermédiaire un professionnel du
marché de l'art. Par dérogation, ce droit ne s'applique pas lorsque le
vendeur a acquis l'oeuvre directement de l'auteur moins de trois ans
avant cette vente et que le prix de vente ne dépasse pas 10 000 EUR.
« On entend par oeuvres originales au sens du présent article les
oeuvres créées par l'artiste lui-même et les exemplaires exécutés en
quantité limitée par l'artiste lui-même ou sous sa responsabilité.
« Le droit de suite est à la charge du vendeur. La responsabilité
de son paiement incombe au professionnel intervenant dans la vente et,
si la cession s'opère entre deux professionnels, au vendeur.
« Les professionnels du marché de l'art visés au premier alinéa
doivent délivrer à l'auteur ou à une société de perception et de
répartition du droit de suite toute information nécessaire à la
liquidation des sommes dues au titre du droit de suite pendant une
période de trois ans à compter de la vente.
« Les auteurs non ressortissants d'un Etat membre de la Communauté
européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique
européen et leurs ayants droit sont admis au bénéfice de la protection
prévue au présent article si la législation de l'Etat dont ils sont
ressortissants admet la protection du droit de suite des auteurs des
Etats membres et de leurs ayants droit.
« Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application
du présent article et notamment le montant et les modalités de calcul
du droit à percevoir, ainsi que le prix de vente au-dessus duquel les
ventes sont soumises à ce droit. Il précise également les conditions
dans lesquelles les auteurs non ressortissants d'un Etat membre de la
Communauté européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace
économique européen qui ont leur résidence habituelle en France et ont
participé à la vie de l'art en France pendant au moins cinq ans peuvent
demander à bénéficier de la protection prévue au présent article. »
Article 49
I. - La présente loi est applicable à Mayotte, en Polynésie
française, dans les îles Wallis et Futuna, dans les Terres australes et
antarctiques françaises et en Nouvelle-Calédonie.
II. - Après l'article L. 811-2 du code de la
propriété intellectuelle, il est inséré un
article L. 811-2-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 811-2-1. - Pour leur application à Mayotte, en Polynésie
française, dans les îles Wallis et Futuna, dans les Terres australes et
antarctiques françaises et en Nouvelle-Calédonie, les articles L.
122-3-1 et L. 211-6 sont ainsi rédigés :
« Art. L. 122-3-1. - Dès lors que la première vente d'un ou des
exemplaires matériels d'une oeuvre a été autorisée par l'auteur ou ses
ayants droit sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté
européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique
européen ou sur le territoire de Mayotte, de la Polynésie française,
des îles Wallis et Futuna, des Terres australes et antarctiques
françaises et de la Nouvelle-Calédonie, la vente de ces exemplaires de
cette oeuvre ne peut plus être interdite dans la Communauté européenne
ou dans ces collectivités d'outre-mer ou en Nouvelle-Calédonie. »
« Art. L. 211-6. - Dès lors que la première vente d'un ou des
exemplaires matériels d'une fixation protégée par un droit voisin a été
autorisée par le titulaire du droit ou ses ayants droit sur le
territoire d'un Etat membre de la Communauté européenne ou sur le
territoire de Mayotte, de la Polynésie française, des îles Wallis et
Futuna, des Terres australes et antarctiques françaises et de la
Nouvelle-Calédonie, la vente de ces exemplaires de cette fixation ne
peut plus être interdite dans la Communauté européenne ou dans ces
collectivités d'outre-mer ou en Nouvelle-Calédonie. »
Article 50
I. - Les dispositions de l'article 7 n'ont pas pour effet de
protéger une interprétation, un phonogramme ou un vidéogramme dont la
durée de protection a expiré au 22 décembre 2002.
II. - Les dispositions du titre II ne sont applicables aux oeuvres
créées par les agents de l'Etat, d'une collectivité territoriale, d'un
établissement public à caractère administratif, d'une autorité
administrative indépendante dotée de la personnalité morale ou de la
Banque de France, antérieurement à l'entrée en vigueur de la présente
loi, qu'à compter de cette entrée en vigueur.
Toutefois, l'application de ces dispositions ne peut porter
atteinte à l'exécution des conventions en cours lors de l'entrée en
vigueur de la présente loi, lorsque celles-ci ont pour objet des
oeuvres créées, par ces agents dans l'exercice de leurs fonctions ou
d'après les instructions reçues, pour l'accomplissement de la mission
de service public par la personne publique qui les emploie.
III. - Les dispositions de l'article L. 133-1 du code du
patrimoine ne sont applicables aux personnes mentionnées au i de
l'article L. 132-2 du même code qu'à l'expiration d'un délai de trois
ans à compter de la promulgation de la présente loi.
Article 51
Dans les articles L. 730-1, L. 740-1, L. 760-1 et L. 770-1 du code
du patrimoine, la référence : « L. 132-4 » est remplacée par la
référence : « L. 132-6 ».
Article 52
Le Gouvernement présente au Parlement un rapport sur la mise en
oeuvre de l'ensemble des dispositions de la présente loi dans les
dix-huit mois suivant sa promulgation. Ce rapport comporte un chapitre
spécifique sur les conditions de mise en place d'une plate-forme
publique de téléchargement permettant à tout créateur vivant, qui se
trouve absent de l'offre commerciale en ligne, de mettre ses oeuvres ou
ses interprétations à la disposition du public et d'en obtenir une
juste rémunération.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 1er août 2006.
Jacques Chirac
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
Dominique de Villepin
Le ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie,
Thierry Breton
Le ministre de l'éducation nationale,
de l'enseignement supérieur
et de la recherche,
Gilles de Robien
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
Pascal Clément
Le ministre de la culture
et de la communication,
Renaud Donnedieu de Vabres
Le ministre de l'outre-mer,
François Baroin
(1) Travaux préparatoires : loi n° 2006-961.
Assemblée nationale :
Projet de loi n° 1206 ;
Rapport de M. Christian Vanneste, au nom de la commission des lois, n° 2349 ;
Rapport supplémentaire de M. Christian Vanneste, au nom de la
commission des lois, sur l'article 7 faisant l'objet d'une seconde
délibération, n° 2973 ;
Discussion les 20 à 22 décembre 2005, les 7 à 9 mars 2006 et les
14 à 16 mars 2006 et adoption, après déclaration d'urgence, le 21 mars
2006.
Sénat :
Projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale, n° 269 (2005-2006) ;
Rapport de M. Michel Thiollière, au nom de la commission des affaires culturelles (2005-2006) ;
Discussion les 4, 9 et 10 mai 2006 et adoption le 10 mai 2006.
Sénat :
Rapport de M. Michel Thiollière, au nom de la commission mixte paritaire, n° 419 (2005-2006) ;
Discussion et adoption le 30 juin 2006.
Assemblée nationale :
Projet de loi n° 3081 ;
Rapport de M. Christian Vanneste, au nom de la commission mixte paritaire, n° 3185 ;
Discussion et adoption le 30 juin 2006.
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