JUSTICE. La mairie RPR a obtenu la fermeture d'un web monté par un habitant radical de gauche. Bataille de sites à Elancourt Par Rémy Fière Le 30 octobre 1998 |
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Nous sommes en 1995. Loïc Lofficial, nouvellement installé dans cette cité des Yvelines, crée les premières pages de son site baptisé «El@ncourt, bienvenue à El@ncourt». Des données sur cette ville de 30 000 habitants, des informations locales, un forum. Une úuvre de citoyen, dit-il, lui qui s'affirme radical de gauche, dans une municipalité alors socialiste. En 1996, un maire RPR est élu et au printemps 98, un site municipal est créé. C'est là que commencent les ennuis de Loïc Lofficial qui brocarde régulièrement les élus, sans que ses propos aient de quoi fouetter un chat, fut-il RPR. Apparemment, cela n'a pas été du goût des victimes. Une lettre recommandée, en fin d'été. Une poursuite en justice. Technique. La municipalité revendique juste la propriété de la marque et du logo «ville d'Elancourt» qu'emploierait indûment l'internaute yvelinois. Conteste l'utilisation abusive du nom Elancourt, source de confusion dans l'esprit du public, et l'usage des armoiries de la ville, pourtant tombées dans le domaine public.
La machine judiciaire est lancée: jeudi dernier, le juge donne raison aux plaignants et parle de «présentation tendancieuse» du site, explique que M. Lofficial navigue «malicieusement à la limite de l'apparence officielle». Et conclut que le webmestre doit cesser d'utiliser l'appellation «El@ncourt, bienvenue à El@ncourt», sous astreinte de 10 000 F par jour. Plus une condamnation aux dépens et une somme de 5 000 F à payer à la commune. Le rideau se baisse. Sévère. Loïc Lofficial pourrait se contenter de rebaptiser son site, mais il dénonce la volonté politique de censurer ses propos électroniques et ne veut pas céder. D'autant que la ville entend amener le débat sur le fond. Voire demander à des experts de quantifier l'impact médiatique négatif que l'affaire (relayée jusqu'au Canada) aurait pu avoir auprès d'entreprises désireuses de s'implanter à Elancourt. Quitte, selon Jean-Michel Fourgous à demander des dommages et intérêts à Loïc Lofficial. Pour qui cela fait un peu beaucoup. Il avoue connaître aujourd'hui le blues, cette envie «de tout arrêter, parce que [il a] autre chose à faire que du contentieux». |
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