Linux défie Windows

Le logiciel libre est-il une alternative au logiciel propriétaire ? Le débat est lancé depuis longtemps dans la communauté des internautes. Le procès Microsoft va contribuer à l'alimenter.

Il est bien loin le temps où Linux et les logiciels libres étaient réservés aux seuls informaticiens. Avec 10 millions d'utilisateurs et une progression annuelle de 100%, le système d'exploitation Linux n'est plus un logiciel anonyme. Par ailleurs, 50 % des serveurs web dans le monde tournent sous Apache, un logiciel libre.

Généralement gratuit, le logiciel libre est un système non propriétaire dont le code source est public. Linux est un système d'exploitation complet et performant, conçu en 1991 par Linus Torvalds -étudiant en informatique à l'université d'Helsinki- en association avec des milliers de programmeurs bénévoles à travers le monde.

Le procès Microsoft va-t-il apporter de l'eau au moulin des standards ouverts tels que Linux ? Réponse de Bernard Lang, secrétaire de l'Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres (AFUL) et directeur de recherche à l'INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique) : "Ce procès va donner un caractère officiel à l'identification de pratiques qui étaient connues depuis longtemps. Mais paradoxalement, le succès des logiciels libres, antérieur à ce procès, va aider Microsoft. Ce dernier peut maintenant arguer de l'existence de concurrents de plus en plus efficaces tels que Linux ou Apache." Si les logiciels propriétaires entraînent une compétition entre firmes, les logiciels libres, eux, provoquent une émulation entre chercheurs. La création d'un logiciel doit être considérée comme une ressource à l'instar des découvertes scientifiques, et non comme un produit de l'industrie. La recherche logicielle pourrait prendre modèle sur la recherche en mathématiques dont les travaux fondamentaux sont devenus patrimoine de l'humanité.

Les avantages économiques pour les firmes

En clair, faut-il opposer les réseaux au marché ? Bernard Lang rejette cette vision quelque peu manichéenne. Pour lui, le développement des logiciels libres reste compatible avec l'économie de marché. Explications : "Le développement des logiciels libres est un développement extrêmement concurrentiel. Pour chaque système, chaque application, il existe plusieurs développements en concurrence. La sélection se fait sur des critères de qualité, puisqu'il n'y a rien d'autre à gagner que de la reconnaissance des pairs ou de la réputation". C'est tellement vrai que des géants de l'informatique comme Netscape ou IBM développent des produits libres, certes pour leur image de marque. Mais avant tout pour monnayer ensuite des produits sous forme d'expertise ou de produits.

Myriam Berber

Pour en savoir plus :

l'Association française des utilisateurs de linux et des logiciels libres (AFUL)
l'Association pour la promotion et la recherche en informatique libre (APRIL)
Linux onLine
Linux business
Linux France
l'Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA)