Cyril Chaboisseau
Observatoire Européen de l'Audiovisuel  

Linux en Entreprise

Contenu de l'article


 

Avant-propos

"The most important design issue... is the fact that Linux is supposed to be fun..."
"La chose la plus importante à garder à l'esprit dans sa conception... est le fait que Linux est supposé être sympa..."
(Linus Torvalds au First Dutch International Symposium on Linux.)

Linux est un système d'exploitation lancé en 1991 par Linus Torvalds, un étudiant finlandais de l'Université d'Helsinki comme un projet destiné à programmer une version allégée d'un système d'exploitation Unix à partir d'un noyau Minix. Il s'est très rapidement constitué une communauté de développeurs qui ont commencé à utiliser les logiciels libres de l'époque (tous les produits GNU [*] de la FSF) et ont adapté le système à ces outils en rajoutant les drivers nécessaires à leur utilisation sur des PC compatibles [1]. Depuis, cet OS [*] a été adapté sur des machines complètement différentes (tout type de PC (Intel 386 jusqu'au derniers Pentium, AMD, Cyrix avec ou sans coprocesseur), Apple (68000 et PPC), Digital (Alpha) et Sun (Sparc) en 64 bits, Silicon/SGI (MIPS), HP et aussi sur des Amiga ou Atari (68k), Archimede (Acorn), et même Nintendo 64 ou les machines VAX de Digital en passant par le Palm Pilot, Psion et beaucoup d'autres encore avec surtout la possibilité d'en mettre plusieurs centaines en parallèle pour effectuer de très gros calculs (cluster [*]).

"Linux is NOT portable (uses 386 task switching etc.), and it probably never will support any thing other than AT-hard disk, as that's all I have."
"Linux n'est PAS portable (utilise le changement de tâche du 386 etc.), et il ne supportera probablement jamais autre chose que des disques AT, étant donné que c'est tout ce dont je dispose."
(Linus Torvalds, August 25, 1991.)

Techniquement, Linux est une implémentation gratuite d'Unix (System V d'AT&T et BSD de Berkeley en restant conforme à la norme Posix), complètement re-développé sans emprunter aucune ligne de code ailleurs (même pour les documentations ou `man') avec toutes les fonctionnalités des systèmes modernes : multitâche préemptif et multi-utilisateur, mémoire partagée et protégée entre les différents processus, gestion SMP (plusieurs processeurs), pagination sur disque (mémoire virtuelle), bibliothèques partagées (equivalent aux DLLs), modules noyaux chargés dynamiquement à l'utilisation, etc.

Si Linux a connu autant de succès, c'est surtout grâce à un terrain favorable (volonté d'un système puissant de type Unix sur des machines abordables PC ou Mac), et à un media (l'Internet) dont il a emprunté la philosophie, les méthodes de distribution et de communication lui permettant des mises à jour fréquentes et une évolution sans pareil.

Malgré un développement qui peut paraître chaotique (pas de gestion centralisée), Linux bénéficie d'un support massif dans l'Internet qui n'a rien à envier à d'autres structures commerciales par sa promptitude à réagir et à corriger les problèmes aussi spécifiques soient-ils.

Mais c'est surtout en réaction à des abus de la part de certains éditeurs qui profitent de leur position dominante qu'est né ce mouvement en vue d'offrir une solution alternative. En effet, à côté des guerres de standards qui freinent depuis plusieurs dizaines d'années les évolutions informatiques parmi les différents éditeurs de logiciels, Linux reprend les normes développées sur l'Internet et connues de tous, de même que des protocoles propriétaires (IPX de Novell, Appletalk d'Apple ou bien Netbios de Microsoft) qui sont devenus avec le temps plus ou moins publics, pour les intégrer au mieux dans le système.

Windows 95 : n.
32 bit extensions and a graphical shell for a 16 bit patch to an 8 bit operating system originally coded for a 4 bit microprocessor, written by a 2 bit company, that can't stand 1 bit of competition.
Des extensions 32 bits et un environnement graphique pour des correctifs 16 bits d'un système d'exploitation 8 bits programmé à l'origine sur un microprocesseur 4 bits (le 4004 d'Intel), écrit par une société 2 bits qui ne supporte pas 1 bit de concurrence.

From the Microsoft Bashing Dept.
From: 0xdeadbeef@substance.abuse.blackdown.org

Critiques du fonctionnement et de la politique hégémonique de Microsoft

L'éditeur américain Microsoft qui est devenu la plus grosse société (en terme de capitalisation boursière) ne doit pas tant son succès à la qualité technique des produits qu'il développe qu'à une puissante machine marketing, au rachat de concurrents en vue d'établir un monopole. Malgré son influence et les pressions exercées dans ce domaine, le département de la justice américain essaye de remettre de l'ordre dans le fonctionnement de Microsoft.
Les éléments qui lui sont reprochés sont les suivants :

"Embrace and extend"
"Embrasser et propager"
citation de Microsoft (sans commentaire)

  • La dépendance des éditeurs de logiciels et des revendeurs mais aussi des utilisateurs envers Microsoft permet à ce dernier de verrouiller le marché artificiellement autour d'une offre unique à l'aide de pratiques très controversées. On trouve aussi une certaine complaisance de la part de nombreux journaux informatiques qui ont la même attitude en reprenant systématiquement les annonces "dictées" par Microsoft de façon élogieuse dans le seul but de pouvoir passer leur publicité.
  • Contrairement à une idée reçue, Microsoft ne garantit aucun support (il suffit de lire leur licence) mais renvoie plutôt les clients vers le revendeur de la machine. La correction des bugs (dont il a plutôt tendance à nier l'existence) et l'aide aux entreprises pour essayer de résoudre les problèmes sont facturées très cher par appel (ce qui lui procure de surcroît une manne non négligeable) et laisse penser qu'il n'a en aucun cas intérêt à effectuer les corrections qui finissent par arriver au compte goutte sous forme de "patchs" ou bien avec la version suivante. Il leur est surtout reproché par la suite de vendre les nouvelles versions debuggées au même prix que la précédente (Windows 98 par exemple qui a surtout comme différence avec la version 95 IE4 en plus et aussi quelques problèmes corrigés mais apporte aussi sont lot de nouveaux bugs).
  • Les rares développements que veut bien faire Microsoft sur une plate-forme Unix, n'ont pas pour but de satisfaire une demande (qui aurait plutôt tendance à s'orienter vers la bureautique) dans la mesure où le marché est déjà saturé, mais de tuer la concurrence ou d'offrir une nouvelle solution propriétaire (par exemple, Netscape (navigateur), Sun (java), corba (DCOM)). Cette politique est surtout un frein aux avancées informatiques en mettant dos à dos des solutions concurrentes et en jetant discrédit et confusion parmi les utilisateurs et les développeurs.
  • Les logiciels Microsoft posent souvent des problèmes de compatibilité avec les standards du marché lors de leur utilisation avec des produits concurrents et la solution la plus simple pour les clients n'est pas d'attendre les corrections mais plutôt d'acquerir un parc complet aux couleurs du seul éditeur. Ces logiciels s'imposent donc à cause d'incompatibilités techniques avec les concurrents et souvent par manque de choix (sous Windows) plutôt que grâce sa supériorité technique.
  • Windows requiert des ressources en mémoire, place disque et puissance CPU, toujours plus gourmandes ce qui poussent au renouvellement des produits, garantissant aussi à Microsoft des revenus conséquents. Cette surenchère constante laisse sceptique une partie des clients potentiels qui n'ont pas envie de changer de machine tous les ans.
  • Les produits Microsoft nécessitent une technicité assez haute dès que l'on veut faire autre chose que des copies de fichiers, et les cours (MCT/MCP) dispensés par leurs organismes coûtent très cher. Cette situation est d'autant plus paradoxale qu'elle va à l'encontre de la soit disante facilité et la convivialité des produits pour les utilisateurs non informaticiens contrairement à des machines comme Apple.
  • Le système nécessite en permanance une pléthore d'outils supplémentaires (add-ons [*]) qui vont combler ses lacunes. Cela traduit les difficultés que les utilisateurs peuvent avoir avec ces machines tandis que sous Linux, ces types de produits sont soit inutile (anti-virus), soit fournis avec le système gratuitement. Il est bien entendu que tous ces logiciels satellites ne font qu'augmenter son prix et rendent de surcroît l'installation et la maintenance de la machine plus lourdes et complexes.
  • Alors que les prix du matériel baissent sans arrêt (et ce justement grâce à la concurrence), le système et les logiciels Microsoft ne font qu'augmenter dans des proportions très grandes à cause d'un monopole (ou d'un standard de fait). Cela permet dans certains cas de casser les prix [2] des logiciels qui reposent sur leur système "incontournable" pour éliminer un concurrent gênant.
  • Le besoin en informaticiens est en grande partie dû à des problèmes (et donc à leur résolution ou aux moyens de les contourner), et à l'existence de bugs plutôt qu'à la création et au déploiement d'applications (plus de 50% du temps d'un informaticien qui s'occupe de systèmes windows est consacré aux mises à jour, à nettoyer les virus, à réparer ou à trouver les erreurs des utilisateurs ou du système etc.).
  • La boulimie de Microsoft pousse ce dernier à racheter ses concurrents les plus sérieux ou à redévelopper leur technologie pour l'imposer dans le système Windows, tuant ainsi toute innovation créatrice et la compétition nécessaire à un marché sain. Mais ces rachats ne se limitent pas au domaine informatique. Afin de contrôler toute la chaîne les reliant aux clients finaux, leur formidable puissance financière leur a permis aussi de racheter ou de prendre plusieures sociétés ou groupes : satellites (Teledisc), câblo-opérateur (Comcast), magazine, téléviseur Internet (WebTV), chaîne d'information (MSNBC), vidéo sur Internet, publicité, banque d'images et d'oeuvres numériques (Corbis) ...
  • Les effets d'annonces sur des logiciels "à sortir" (vaporware) poussent les clients à attendre la sortie effective des produits (prétendument répondant à tous les besoins) souvent plusieures années à l'avance. Quand ils finissent par sortir, ce qui n'est pas toujours le cas (ex. Cairo), ils suscitent souvent bien sûr des déceptions par rapport à l'annonce initiale. Les communiqués de presse et les versions à répétition qui n'apportent rien de plus contribuent aussi à "l'anesthésie" du marché. Les mensonges sur la prétendue supériorité de leurs produits étant aussi monnaie courante, on arrive à des idées fausses de la part d'utilisateurs non initiés du genre : informatique = windows, traitement de texte = word ou bien encore Internet = Microsoft [3] ce qui est bien sûr totalement faux.
 

L'alternative à Microsoft : Linux et ses propriétés

"...Unix, MS-DOS, and Windows NT (also known as the Good, the Bad, and the Ugly)."
"...Unix, MS-DOS, et Windows NT (plus connus comme le bon, la brute et le truand)."
(By Matt Welsh)

On trouve aujourd'hui Linux installé aussi bien dans les petites structures que dans les grandes entreprises ou les banques sur un poste isolé ou bien en réseau parmi d'autres gros systèmes où il s'intègre parfaitement. Les différentes utilisations que l'on retrouve sont :

Client :

  • communication (poste en réseau), navigateur (browser) web, java [*] (Network Computer / JVM), terminal X/3270/ansi, ftp, mail, news...
  • création, graphisme, musique, jeux, PAO, édition, bureautique
  • maths, physique, électronique, statistiques...
  • programmation (C/C++, Perl, Pascal, asm, Basic, Prolog, Ada, Lisp, Smalltalk, Fortran, java, corba ...), et environnement de développement (éditeur, compilateur, débogeur, profiler, contrôle de versions / gestion de projets).
  • Station d'administration réseau (SNMP) ou station de travail

Serveur :

  • Partage de fichiers, imprimantes en réseau Unix (TCP/IP) sous Windows (Netbios), Apple (Appletalk) et Novell (IPX) en plus bien sûr des autres Unix
  • Bases de données, serveur de fax
  • Internet : web, ftp, news, mail, listes de diffusion, gopher...
  • Proxy/firewall [*], tunnel, serveur d'accès distant (ppp, slip, ras, uucp...), pont, routeur
  • calculateur (clusters ou bases de données distribuées)

Ces exemples d'utilisations ne sont bien sûr que les plus courants parmi beaucoup d'autres utilisations que l'on peut faire avec ce système qui, pour certains domaines (la programmation par exemple), constitue un environnement idéal. Parmis les utilisations moins courantes de Linux on trouve des systèmes embarqués (ascenseur, voiture, electro-ménager), machines outils (Lectra Systèmes à Bordeaux), serveurs téléphoniques, reconnaissance d'écriture (système postal aux Etats-Unis), murs d'images...

Linux peut maintenant se prévaloir d'une réelle stabilité afin de concurrencer sérieusement un serveur NT sur n'importe quel service.

Beaucoup d'acteurs participent au développement et à l'évolution de Linux, mais aussi à sa distribution, aux services associés et à l'utilisation du système :

  • Plusieurs équipes de développeurs (noyau, FS, MM, portage, drivers...) dont fait partie Linus Torvalds mettant au point le coeur du système
  • Développeurs des applications, programmes et outils qui sont licenciés sous la GPL
  • Sociétés commerciales (logiciels payants, avec licences) -> Corel (Wordperfect), IBM, Oracle, Sybase, Mathematica...
  • Distributions (Caldera, Debian, RedHat, Slackware, SuSE...), avec des revendeurs dans plusieurs pays qui offrent une assistance, une traduction et un support aux entreprises (Logiciels du Soleil en france pour la RedHat)
  • VAR/SSII offrant assistance, intégration, développement, installation
  • Constructeurs informatiques (Intel, Compaq (Digital), Sun, IBM, Apple, HP, SGI) et de périphériques (Adaptec) qui apportent souvent une aide directe ou indirecte et récemment un support
  • La "communauté Linux" qui effectue un support souvent très performant (web, IRC, news, mail, listes de diffusions...) en plus des sociétés spécialisées qui se créent de plus en plus (à l'heure où d'aucun déplorent dans le retard du pays dans le domaine informatique).
  • Particuliers, universités/écoles, laboratoires, sociétés (FAI [*], PME, grands groupes...) qui sont les utilisateurs aidant à sa diffusion et à son implémentation. Dans le domaine de l'éducation ou de la recherche, Linux est aussi souvent utilisé comme plate-forme d'aprentissage et de développement pour les projets d'études justement grâce aux sources disponibles et au fait que de tels projets doivent aussi comprendre le code de l'application.

Selon une récente évaluation de la part de RedHat, le nombre d'utilisateurs oscillait autour de 7,5 millions en mars 1998 (entre 4 et 10 millions d'après l'article "Sizing the Linux market"). Mais le point le plus intéressant d'après cette estimation est que ce chiffre semble plus que doubler chaque année. Il est évident qu'une telle évaluation ne peut être qu'imprécise compte tenu de la difficulté de dénombrer des utilisateurs qui n'ont pas l'obligation de se référencer. Le prix d'un CD apparait d'autant plus dérisoir (entre 2 et 49$), qu'un acheteur aura la liberté de faire des centaines d'installations du système sur un parc de machines grâce à cette seule licence.  

Linux contre NT

Le choix de Linux par rapport à NT devient une évidence lorsque l'on recense ses nombreux avantages.

Avantages :

Stabilité, sécurité, performances et prix sont autant d'atouts pour Linux et les raisons pour lesquelles les clients vont se tourner vers ce système.

Deux autres points forts de Linux sont le caractère ouvert et évolutif du système (Unix norme Posix avec les avantages SysV et BSD) et la licence (GPL de la FSF) qui lui confère une liberté totale d'utilisation [4] ainsi qu'une gratuité non négligeable.

Question à John McFarlane, vice-président de Sun
- Pour quelles raisons soutenez-vous Linux ?
- Parce que c'est un système d'exploitation ouvert et que nous nous sommes toujours rangé du côté des standards ouverts et de ceux qui les soutiennent. [...]

01 Informatique N° 1504 du 26 juin 1998

Depuis le début, la capacité d'Unix à "coller" aux standards en vigueur sur l'Internet et à participer activement à leurs développements a permis une connexion et des échanges de documents entre les différents ordinateurs grâce à TCP/IP, HTML et une myriade de programmes aidant à leur création et leur diffusion.

Sa capacité à s'adapter à d'autres architectures est d'autant plus grande, que même si Linux a d'abord été développé en 32 bits sur plateforme Intel, certains portages comme Alpha ou Sparc en 64 bits a donné un système beaucoup plus rapide que celui de Sun Solaris (voir la comparaison avec le benchmark de Byte). Cette avance technologique lui donne un sérieux avantage concernant l'arrivée de la nouvelle génération de processeurs (Merced) alors que la plupart des autres systèmes commence seulement à s'y mettre et qu'on déjà accumulé plusieurs années de retard.

Sa rapidité à évoluer et à s'adapter aux évolutions ou bugs qui minent tous les systèmes (Ping 'O Death, bogue Pentium f00f, trous de sécurité...) sont un exemple de la promptitude à régler en quelques heures voir un ou deux jours des problèmes critiques qui sur d'autres systèmes peuvent durer plusieurs mois.

Inversement, Microsoft a toujours eu une approche plus distante dans l'élaboration de protocoles et en général, la façon qu'ils ont d'aborder le problème diffère fondamentalement.

Ne faites jamais confiance à un système dont vous n'avez pas les sources. ;-)

La licence GPL (General Public License) crée une dynamique en offrant les sources des auteurs qui restent protégés grâce à elle et permet en outre une distribution commerciale. Cette ouverture du code source fait de Linux un système non bridé par rapport à des restrictions de type nombre d'utilisateurs, nombre de connexions, durée de vie, qui finalement grèvent les performances et empêchent toute possibilité de tuning (réglage) de la machine.

Dans cet article, le terme "logiciel ouvert" désigne les programmes et applications qui sont développés sous une licence de type GPL dont il sera question plus loin. Cette désignation reprend celui du logiciel libre (ou free software) qui a été rebaptisé pour lever l'ambiguïté qui subsistait entre les programmes shareware ou bien domaine public et les logiciels ouverts. Tous deux sont bien entendu encore très différents des programmes à licence commerciale.

Il faut bien faire la différence entre les programmes :

  • domaine public
  • shareware
  • licence commerciale
  • open software (logiciels ouverts anciennement libres ou "free")

Tout d'abord, les logiciels relevant du domaine public sont en général des programmes très courts sans grand intérêt pour leur auteur qui par cette action se désolidarise de leur création en les plaçant dans le domaine public. Libre à chacun par la suite d'en faire ce qui lui plait, sans qu'aucune responsabilité ne soit mise en cause. Un éditeur ou un programmeur peut l'utiliser à sa guise : s'en inspirer pour une création personnelle ou bien l'intégrer tel quel au sein d'un système complet. L'auteur du programme a renoncé à sa propriété intellectuelle en mettant son programme dans le domaine public (comme pour une musique ou n'importe quel brevet au bout de plusieures années).

Ensuite, les shareware ont un côté biaisé : l'auteur par cette action essaye de faire connaître son programme (éventuellement en demandant une compensation financière très modeste selon son utilisation, quelle soit commerciale ou pour un usage personnel limité. Le programme est distribué presque exclusivement sans les sources, n'apportant aucune garantie à l'utilisateur. Ce dernier doit donc se fier aveuglément à un programme dont la provenance est aléatoire (aucune entreprise ne peut lui fournir un support ou bien assurer un suivi en cas de problème). Ce type de licence sert en général de tremplin pour de petites applications qui, si elles marchent, peuvent éventuellement se transformer en logiciels plus conséquents évoluant vers une licence commerciale ; mais il ne faut pas rêver, cela n'arrive presque jamais et les auteurs abandonnent souvent leur création au bout d'un certain temps. Ils peuvent aussi servir à leurs auteurs pour se faire remarquer par une plus grosse structure qui chercherait un développeur.
Le gros problème est que le shareware véhicule très souvent avec lui une image de produit non finis sans aucun contrôle et dont on ne connaît pas le ou les auteurs et le rapprochement est vite fait avec le logiciel ouvert qui est tout le contraire. De nos jours, la différence est très minime entre un logiciel commercial qui propose des versions d'évaluations permettant aux utilisateurs de tester avant d'acheter et un programme shareware sauf peut-être le prix et la taille de l'éditeur.

Les logiciels commerciaux (les plus connus à cause de la publicité qui est souvent faite autour du produit), quant à eux possèdent une licence qui peut avoir plusieurs limites [5]. Il va sans dire que chaque éditeur peut rajouter les clauses supplémentaires qui l'arrangent. Par contre, pour des raisons compréhensibles compte tenu de la complexité des logiciels, aucun éditeur de ce type de programme ne se risquerait à garantir une quelconque et illusoire stabilité face aux possibles bugs et plantages, mais garantit plutôt un support à son utilisation et tient lieu d'un interlocuteur qui pourra enregistrer les différents problèmes pouvant survenir et, qui sont en général corrigés à plus ou moins longue échéance.

Ce type de licence n'est pas incompatible avec un prix nul (ex.: Netscape au début et IE maintenant). Toutefois il ne faut pas se leurrer : cette pratique n'est jamais gratuite (le système Windows95 n'étant pas gratuit, le prix d'Internet Explorer en fait partie d'une façon ou d'une autre). Elle sert surtout à imposer un logiciel afin de tuer la concurrence.

Le plus gros reproche à l'encontre de la licence commerciale de Microsoft reste le plus souvent son prix (quelquefois prohibitif) qui exclut une grande partie des utilisateurs (quand il ne pousse pas au piratage) et finalement fait entrer le couple distributeur/client dans une logique de mise à jour perpétuelle (implique perte de temps, argent etc.).

Certaines pratiques de la part d'éditeurs de système ont montré (surtout par le passé) une certaine propension à la rétention d'informations à l'aide de fonctions non documentées ou cachées. Cela a permis à ces derniers de proposer une offre applicative plus performante (puisque basé sur des appels au système plus performants) ce qui nuit grandement au choix offert (offre logicielle unique) et donc à la concurrence qui pourtant favorise les évolutions.

Linux: il y a moins bien, mais c'est plus cher

Enfin, le logiciel ouvert tente d'apporter une solution transversale à toutes ces licences en prenant la meilleure part de chacune pour le bénéfice de l'utilisateur (le programmeur n'étant pas non plus complètement perdant dans l'affaire, sinon personne n'aurait intérêt à l'utiliser).  

Points forts de la GPL :

  • Transparence vis à vis des autres programmeurs ou de l'utilisateur grâce au code source du programme. Cette "mise à nu" des rouages internes des programmes est de surcroît très formatrice dans la mesure où elle autorise et pousse d'autres développeurs à pouvoir juger du travail de l'auteur (comme dans le monde scientifique avec le "pair review").
  • Possibilité de modifier le code pour le corriger afin de l'améliorer -> pérennité
  • Possibilité d'installation sans limite avec d'éventuelles modifications pour les besoins du site ou des utilisateurs.
  • Possibilité de copier (ou de récupérer) gratuitement -> liberté d'utilisation
  • Possibilité de distribuer gratuitement ou non ces logiciels du moment que l'acheteur est au courant de la licence (sans forcément l'obligation de reverser quelque chose aux auteurs) -> garantie de distribution
  • Garantie du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle -> la confusion est souvent faite avec les logiciels freeware (domaine public).
  • "Compatibilité" avec les logiciels commerciaux : même si cette licence favorise et avantage une utilisation omniprésente de la liberté et de la disponibilité des sources, un dérivé moins contraignant (LGPL destinée aux bibliothèques partagées) permet à des éditeurs de pouvoir intégrer sous Linux leur produit en s'appuyant sur les mécanismes du système afin de permettre une meilleure intégration sans avoir besoin de réinventer la roue (ceci est de surcroît beaucoup moins facile à faire avec Windows à cause de la non-transparence du système).

La GPL a permis de transformer les restrictions en avantages en utilisant le principe de la licence à rebours.

L'auteur garde l'entière propriété intellectuelle de son "oeuvre" par rapport au domaine public tout en "dévoilant" son code source afin de permettre un meilleur support et une correction très rapide en cas de problème. Des améliorations peuvent également être effectuées par d'autres programmeurs apportant leur contribution pour le bénéfice de tous.

Les distributeurs "tombent" sous le coup de la licence. La distribution des produits est ainsi garantie au meilleur prix, puisque si un éditeur vend trop cher une distribution, un autre pourra vendre la même chose (avec éventuellement d'autres programmes ou documentations) à un prix plus bas.

S'il s'avérait qu'un auteur avait dans l'idée de rejoindre une société qui l'embaucherait pour continuer à faire évoluer son logiciel, la licence permettrait alors à d'autres personnes de reprendre le développement du logiciel au stade où l'ont laissé son ou ses prédécesseurs. L'auteur peut bien sûr reprendre la partie qui lui revient pour en faire un produit commercial. Ce cas de figure s'est déjà présenté et garantit une gratuité du logiciel dans le temps. A l'inverse, d'autres produits sont devenus payants à cause de leur popularité (Netscape au début) ou bien pourrait le devenir selon le bon vouloir de Microsoft par ex. (I.E.).

La GPL présente tout de même certains inconvénients. Elle n'apporte aucune garantie sur le fonctionnement du logiciel et pour cette raison, les entreprises hésitent bien souvent à utiliser de tels programmes (le rapprochement est vite fait avec le shareware).

Néanmoins, le but de la GPL n'est pas d'apporter des garanties (souvent illusoires quand on remarque que n'importe quel éditeur est à la merci de bugs), mais plutôt de pousser à une diffusion efficace des programmes et surtout de se protéger juridiquement. On peut voir ainsi la licence comme un moyen d'imposer des règles protégeant l'auteur tout en garantissant au vendeur et à l'utilisateur une totale visibilité et liberté d'utilisation. Les problèmes de correction de bugs reviennent à la charge du distributeur qui est libre ou non d'offrir cette option selon sa capacité à pouvoir traiter la demande et bien sûr au prix où il vend le produit (ce qui fait que l'on achète plus par rapport à l'utilisation que l'on en fait ou bien aux fonctionnalités incluses qu'en fonction des services qui sont proposés autour).

Ce type de fonctionnement marche beaucoup mieux qu'une gestion centralisée et les améliorations sont intégrées plus vite que chez les éditeurs de logiciels commerciaux qui se dégagent de toute responsabilité sur les bugs et n'apportent pas plus de garantie de corrections (voir l'article de Roberto Di Cosmo "Piège dans le Cyberespace").

Outre le challenge qu'impliquent ces "ouvertures" au monde libre de la part d'éditeurs comme Netscape ou Corel, le plus gros problème est que le code source (l'intelligence même des programmes souvent accompagnés de commentaires par son auteur qui aident à leur compréhension) permet à un concurrent de s'en "inspirer", ce qui est très difficilement voir indétectable et lui procure un avantage technique. C'est cependant le prix à payer non pas pour gagner la confiance des développeurs et des clients (ce qui n'a jamais fait vivre une entreprise) mais pour créer une dynamique sans égale autour du logiciel et ainsi fournir d'autres services ou des logiciels complémentaires.

Dans le même ordre d'idées, cela permet à des structures modestes de bâtir une offre logicielle nouvelle autour de solution à base de Linux avec une stabilité et des performances remarquables pour un prix imbattable tout en réalisant des marges substantielles. Ces produits sont souvent (et contre toute attente) très facilement utilisables par des non-informaticiens (à qui ils sont destinés) permettant de surcroît des mises à jours fréquentes à peu de frais. (ex.: Cobalt Micro propose à partir de $999 un serveur web ne nécessitant aucune administration sur une machine 64 bits; la machine, les logiciels et la maintenance coûtant à peine plus que la seule licence Windows NT pour 5 utilisateurs !). Ce type de produit marche si bien que la société propose une version en rack permettant de mettre jusqu'à 40 serveurs dans une armoire 19" (la totalité des machines consomant moins d'énergie que l'équivalent de deux serveurs au format standard).  

Linux se développe en deux temps :

Tout d'abord grâce au très grand nombre de développeurs et grâce au coté ouvert, le produit avance beaucoup plus vite que n'importe quel logiciel commercial. Cette ouverture permet au système d'évoluer rapidement sur plusieurs plates-formes matérielles différentes, ce qui renforce sa stabilité et celle des applications qui tournent dessus. Aucun autre éditeur ou constructeur ne peut se prévaloir d'avoir été porté sur autant d'architectures différentes.

Des distributeurs décident ensuite d'accorder leur confiance à Linux, l'aident et le font évoluer en offrant un package complet (distribution avec un choix d'applications, et bien souvent une licence et un support).

Deux types de support sont possibles avec Linux :

L'accès au code source permet à une catégorie restreinte d'utilisateurs (que l'on peut qualifier de passionnés) de faire eux-mêmes ce support et en général, beaucoup de documentation existe pour ceux qui désireraient se mettre au développement (écoles pour les projets, laboratoires, entreprises pour développer leurs pilotes de périphériques ou programmes etc.).

Il existe ensuite des documentations diverses et très fournies qui sont livrées avec le système (HOWTOs) régulièrement mises à jour et traduites dans de nombreuses langues. Ce type de documentation suffit souvent à la majeure partie des utilisateurs qui ont "franchi le pas" en faveur de Linux depuis quelques temps et sert de références aux nouveaux qui n'en ont pas toujours connaissance et préfèrent utiliser une aide rapide et efficace en ligne.

Mais le support le plus utilisé aujourd'hui est celui qui est disponible et très actif sur l'Internet via le mail, les news ou IRC, et qui permet à chacun suivant son niveau ou le type de la question, de poser son problème et d'avoir une réponse dans les heures ou jours qui suivent (dans certains cas, les auteurs du système, drivers ou programmes pourront éventuellement si besoin est, écrire un correctif qui pourra être rajouté et ainsi bénéficier à tous !). Ce type d'évolution qui accélère le processus de correction/amélioration/retour est très innovant et n'est possible que grâce à l'Internet (et au fait qu'une entité centrale n'ait pas besoin de tout vérifier jusqu'aux licences qui sont vendues).

Enfin, le support aujourd'hui en plein essor est celui effectué par les entreprises qui distribuent Linux ou les logiciels libres (RedHat, Caldera ou Cygnus). Ce support est équivalent, voire de meilleure qualité que celui offert par les autres systèmes. Il bénéficie en effet d'un potentiel correctif considérable grâce au code source et permet à ceux qui le désirent, d'être en contact avec les auteurs mêmes du système. L'avantage de ce dernier support en général via le mail, le fax ou même le téléphone 24h/24h, est qu'il joue en fait un rôle de tampon (ou cache/proxy pour reprendre un terme lié à l'Internet). Cela permet d'offrir un service de qualité aux entreprises, assuré par des personnes compétentes qui font évoluer les logiciels en répondant aux questions d'utilisateurs (Cygnus est une société qui propose ce type de prestations depuis déjà 7 ans sur le compilateur gcc utilisé avec Linux). Ce type de service est en évolution constante parallèlement à l'offre gratuite sur Linux. Cela montre que certaines sociétés peuvent offrir une réelle offre commerciale totalement compatible (et même quelque fois nécessaire) avec ce qui est proposé.

"The driver author within days rewrote the driver to accommodate the defect in the BIOS, as he had heard from three people about this!" the reader wrote. "Now, imagine any other company making a `work-around' on its software product that is due to a defect in hardware not in its control that only affects three customers!"
From the Infoworld article "1997 Product of the year (Best Technical Support Award)" for the Linux user community

Un support constant et rapide sur l'Internet est assuré depuis peu avec la possibilité d'avoir des sociétés de services qui offrent un vrai contrat de maintenance ou un service (intervention, développement de drivers), pour un coût bien moindre comparé à d'autres constructeurs. Ce type de support technique est directement destiné aux entreprises capables d'en payer le prix et qui ne veulent pas avoir les compétences en interne.

La force de Linux tient en grande partie au fait qu'il a atteint une popularité telle qu'il est impossible désormais de le mettre à mal ou de le racheter (comme certains le font souvent lorsqu'il leur manque une compétence) grâce à la licence non restrictive qui le protège tout en contribuant à son développement. Considérant la lenteur des éditeurs à résoudre les bugs et proposer un support qui se contente de faire payer l'appel pour finalement dire que le problème est répertorié et qu'il sera éventuellement corrigé dans la prochaine version (elle aussi payante). Linux quant à lui, profite de son support "communautaire" qui vient compléter les corrections apportées par les structures commerciales (les mises à jour de presque toutes les distributions sont permanentes et gratuites).

En outre, les sociétés ne peuvent plus se permettre de remettre en cause leurs investissements informatiques, et pour conforter leur choix, elles vont injustement se tourner vers les éditeurs qui ont la notoriété et le plus gros poids financier. Néanmoins, c'est l'effet inverse de celui attendu qui arrive et le client se retrouve souvent prisonnier des technologies qui lui sont imposés malgré lui, et contraint à s'acquitter d'une "taxe" l'obligeant à renouveller les logiciels ainsi que le matériel.
Voici les principales raisons pour lesquelles de telles "garanties" sont illusoires lorsque l'on se tourne vers des éditeurs privés (par opposition à des organismes neutres (IAB, IETF, ISOC, W3C) définissant les RFC [*]) :

  • Microsoft mais aussi tout éditeur de logiciels ne progressent que grâce à la vente de logiciels aux différentes versions successives. Les nouveaux acquéreurs d'ordinateurs possèdent d'emblée la dernière version sortie et obligent ainsi les utilisateurs des anciennes versions à acquérir la dernière en date pour avoir des formats de fichiers compatibles (i.e. Word 98). Cette politique à des conséquences désastreuse pour les petites entreprises qui ne peuvent pas forcément se permettre des achats fréquents de logiciels et encore moins de machines.
  • Le support aux utilisateurs (SAV) apporte incontestablement à un éditeur une manne important de revenus, surtout quand il est le seul à pouvoir effectuer ce support grâce à un accès aux données (informations sur le système et justement les sources). Cette situation à priori légitime entretient plusieurs problèmes : les bugs qui sont trouvés n'ont pas forcément intérêt à être corrigés (ils génèrent encore plus d'appels au support qui rapportent de l'argent). Les versions suivantes viendront corriger les bugs alors qu'elles sont vendues aussi chères que les précédentes et les clients auront presque l'obligation d'en faire l'acquisition. Ce type de lacune implique des coûts cachés importants tant en terme de support (qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars) qu'en terme de consulting pour résoudre les problèmes (interventions d'ingénieurs, régie etc.). Cette situation préocuppante est amplifiée par le fait qu'il y a une très grosse carence d'ingénieurs compétents sur Windows, d'où la facturation très élevée des interventions obligeant les clients à payer beaucoup plus cher. De plus, Microsoft veut garder le monopole de la distribution des "diplômes" et cette situation de crise s'en trouve encore plus aggravée (surtout à l'approche d'échéances telles que l'an 2000 ou l'Euro).
  • Quelque soit l'éditeur de logiciels (ou bien de systèmes en l'occurrence), il arrive un moment où les anciennes versions ne sont plus supportées et sont donc abandonnées forçant les clients et les utilisateurs à une mise à jour vers la nouvelle version. Cet exemple est bien sûr corobhorré par la pratique, quelque soit la taille de l'éditeur : MS-Dos, OS/2, Novell, tout comme les Unix (SunOS, Ultrix). Cette situation s'applique aussi à Linux mais est dans ce cas beaucoup moins risquée et pénalisante car la société utilisatrice tout comme n'importe quelle personne qui aura téléchargé gratuitement aura toujours la possibilité de mettre sa version à jour pour le même prix. Une autre solution si les mises à jour constituent une pénalité, consiste à garder la version actuelle et continuer à pouvoir appliquer des correctifs sur les éventuels problèmes grâce à l'accès aux sources. Cette dernière solution est possible soit en ayant les ingénieurs pour effectuer cette "maintenance" en interne avec l'aide éventuelle des auteurs du code, soit en adaptant les correctifs des nouvelles versions sur les plus anciennes (ce qui se fait aujourd'hui encore sur la version du noyau 1.2.13 datant de 1995).

Aujourd'hui cependant, Linux n'a rien à redouter de la concurrence de Windows (et d'ailleurs, ce ne sont pas les aficionados de Linux qui vont vers Windows mais plutôt le contraire).
En revanche, le système NT se positionne entre les feux croisés des Unix commerciaux d'une part sur le marché haut de gamme, et Linux offrant l'avantage d'une plateforme à la fois stable, performante et en même temps très peu cher, ce sur quoi le système de Microsoft a bâti son succès avec tous les problèmes qu'on lui connaît (voir à ce sujet une étude du Gartner Group sur l'avenir d'Unix contre NT et la montée de Linux).

La possibilité d'utiliser Linux avec des machines dites "bas de gamme", présente un intérêt : sa capacité à supporter plusieurs services en même temps, ce qui est très pratique en terme de déploiement (il n'est bien sûr pas recommandé de mixer production et développement). Pour tirer réellement parti de ses performances (ce que font d'ailleurs beaucoup de FAI), on peut par exemple avoir sur une machine l'hébergement de plusieurs centaines de serveurs Web (avec des adresses IP différentes grâce à "l'aliasing") créant ainsi l'illusion de centaines de machines différentes les unes des autres alors qu'un seul serveur avec beaucoup d'espace mémoire (et le logiciel apache) donne entière satisfaction pour plus de la moitié des serveurs web dans le monde.

La maintenance (sauvegarde, surveillance, évolution...) en est facilitée et grâce à une gestion optimale des ressources, en l'occurrence une seule instance partagée des programmes en RAM, beaucoup moins de mémoire sera nécessaire.

Une modularité qui permet à un utilisateur de choisir et de configurer complètement sa machine pour l'utilisation et le look qu'il veut lui donner (il existe plusieurs dizaines de gestionnaires de fenêtres et dans certains domaines (les outils de programmation et langages), il existe un nombre important de logiciels gratuits). Cette difficulté imposée par le caractère ouvert d'Unix peut être considérée comme un inconvénient car cela rend Linux sans réelle "identité graphique" comparé à Windows et cette situation demeurera tant qu'il n'y aura pas de standard graphique ou même d'administration système bien établie.  

Inconvénient :

Les drivers sous Linux ont presque toujours été développés en interne par les créateurs du système et non pas par les constructeurs eux-mêmes, comme c'est le cas avec Windows ou Unix. Dès lors, la possibilité de supporter certains périphériques sous Linux n'a pas toujours été aisée. En effet, pour savoir comment la carte pouvait "discuter" avec le système, un accès aux spécifications était nécessaire. Ces dernières étaient cependant parfois difficiles à se procurer : sous couvert d'une NDA [*], certains constructeurs en ne voulant pas divulguer les spécifications ont tout simplement empêché la possibilité de voir leur matériel supporté sous Linux à moindre frais en bloquant ces informations.

Plusieurs solutions étaient alors envisageables : soit faire un travail de "reverse engineering" très aléatoire quant aux résultats et ne garantissant pas une stabilité à toute épreuve, soit faire le forcing auprès des constructeurs et les pousser à sortir de leur retraite en invoquant un marché potentiel inexploité (certes bien petit surtout aux balbutiements de Linux). Cette tactique à porté ses fruits puisque les constructeurs (Diamond, Matrox) ont désormais pris l'habitude de donner des informations sur le fonctionnement de leur matériel. Un grand pas sera franchi quand, enfin, ils développeront eux-mêmes leurs drivers mais cela les obligera à donner les sources. Néanmoins, c'est ce que commencent à faire des grands contructeurs (Adaptec en premier après une situation complètement inverse), qui se mettent en contact avec les programmeurs et leur fournissent les informations, les parties de code, et vont même jusqu'à offrir les prototypes des futures cartes pour fournir un support dès leurs sorties.

Aujourd'hui, presque tous les périphériques sont disponibles sous Linux sans problèmes, la qualité "bêta" donne lieu quelque fois à des recherches de drivers sur Internet et à la recompilation dans le noyau avec les aléas que ça implique, tandis qu'un nombre très restreint de matériels sont "non supportés" (voir lil.ashpool.com pour une liste du matériel incompatible). A noter que Linux supporte de mieux en mieux le Plug 'n Play, mais il est tout de même fortement conseillé de le désactiver dans le bios pour de meilleurs résultats sachant que même dans ce cas, la détection aura presque toujours lieu.

La meilleure solution pour l'utilisateur consiste à faire son choix de matériels en fonction de ce qui est le mieux supporté. Cette situation pousse petit à petit des constructeurs à s'ouvrir à Linux (comme Buslogic) en aidant et fournissant aux developpeurs une partie des sources, des cartes ou bien des prototypes des futurs matériels. La tendance est complètement inversée par rapport à quelques années auparavant quand aujourd'hui, certains développeurs se retrouve presque submergés par les informations et les dons de cartes alors que ce même constructeur (Adaptec en l'occurrence) ne voulait donner aucune spécifications (une façon de rattraper le retard).

L'offre logicielle peut parraître un peu plus limitée même si elle couvre beaucoup de domaines, mais il existe globalement des solutions gratuites de très bonne facture dans à peu près toutes les catégories (programmation, serveurs, communication, graphisme, multimédia, jeux...).

Même si, dans certains domaines comme le développement, un plus grand choix est offert à l'utilisateur, il n'existe pas la même offre par rapport à Windows.
Cette situation est néanmoins en train de changer rapidement. Alors que certains éditeurs on choisi de faire de Linux leur plate-forme de choix sur laquelle ils développent, certains constructeurs de solutions utilisent le système pour construire une base saine autour de laquelle bâtir leur offre. D'autres ont finalement décidé de porter leurs logiciels sur Linux peut-être sous la préssion de la concurrence qui l'avait fait auparavant sentant l'opportunité. Comme pour le système Windows il y a 10 ans, les éditeurs de logiciels les uns après les autres offrent un choix d'applications commercial rivalisant avec Windows NT (et très souvent le dépassant en tous points).
Après Borland/Inprise (Interbase), Computer Associates (Ingres II), IBM, et Informix, c'est maintenant au tour d'Oracle de proposé la version 8 de sa base de donnée sous Linux après avoir longuement refusé tout support du système. Dernièrement, c'est aussi Sybase qui propose une version de leur base de données ASE gratuite sous Linux (seulement dans le cadre d'un développement et de déploiement).

Reste cependant encore un grand nombre d'applications qui ne sont pas encore disponibles (principalement des produits Microsoft pour des raisons évidentes). Un des moyens de contourner ce problème revient à utiliser Linux en émulation d'autres OS comme les binaires Unix grâce à iBCS, et les systèmes Microsoft à l'aide de Wine, dosemu ou Bochs qui peuvent offrir dans certains cas des performances supérieures au même système en natif (surtout en ce qui concerne l'accès aux ressources disques et mémoire virtuelle...). Cette solution doit surtout être considérée comme marginale, car il est évident que le support de l'application deviendrait obsolète dans un tel cas de figure ; l'idéal est d'avoir l'application en natif, surtout pour des services critiques ou il faudrait au mieux valider complètement la solution comme cela se fait souvent dans les gros projets.

L'origine de Linux (milieu universitaire) et son côté technique effraient les utilisateurs qui voient encore en lui un Unix difficile à maîtriser alors que de nombreux programmes ont rendu son utilisation plus simple et souvent beaucoup plus conviviale que les autres Unix. Au premier abord, certes, NT parait plus facile à maîtriser mais devient vite limité dans une gestion plus poussée (ou bien demande une grande expertise dans la configuration et le paramétrage). Unix offre au contraire grâce à sa transparence et à son utilisation modulaire des outils permettant une meilleure approche et beaucoup plus de possibilités d'utilisation relativement facilement.

Pourquoi les utilisateurs ou les responsables système perdent du temps sous Windows ?

"Who is General Failure and why is he reading my hard disk ?"
"Qui est le General Failure et pourquoi est-ce qu'il lit mon disque dur ?"
(By leitner@inf.fu-berlin.de Felix von Leitner)

Cette boîte noire qu'est Windows est un frein permanent au bon développement des applications mais pénalise aussi les utilisateurs et les administrateurs système lorsqu'il s'agit de trouver l'origine du problème en cas de reboots trop fréquents.

Ce cloisonnement du système fait certes le jeu de Microsoft qui peut alors sortir dans un premier temps des applications qui sont en symbiose avec le système à l'aide d'appels non documentés. Mais cela oblige les concurrents à redoubler d'effort en recherche et développement de bibliothèques, ce qui alourdit un OS sans cesse plus gourmand en ressources. Cette façon très discutable d'éliminer la concurrence a pour conséquence d'offrir à l'utilisateur un choix unique d'applications (1 traitement de texte, 1 tableur, 1 explorateur...) aux qualités techniques discutables. La principale raison pour laquelle les clients achètent ces produits n'est plus la qualité de ces derniers mais bien parce que le choix se réduit et un effet d'entrainement fait se tourner les clients vers une offre globale plus restrictive : la concurence n'existe plus.

"Microsoft seems to have gotten a lot of mileage out of the C2 rating for NT with no network connection.
I wonder if a B3 rating for Linux with no power cord might be of value."
"Il semble que Microsoft se soit donné beaucoup de mal pour faire valider NT au niveau C2 sans la connexion réseau.
Je me demande si Linux au niveau B3 sans la prise de courant serait valide."
(Seen on the kernel mailing list and sent in by Michael Driscoll)

L'absence de sécurité du système et des applications favorise le développement des virus et surtout à leur propagation tout en pénalisant les ressources ainsi que les performances du système et en faisant perdre beaucoup de temps et d'argent en arrêts système, pour les trouver et les éradiquer. Une frustration souvent perçue par les équipes d'ingénieurs système travaillant sous Windows leur font regretter qu'une grande partie de leur travail consiste uniquement à "faire fonctionner" le système (souvent une assistance qui ne serait pas neccessaire sous Unix) plutôt que d'améliorer ses fonctionalités et de développer de nouveaux programmes. Cette situation a un coût de plus en plus élevée obligeant les directions informatiques à investir de grosses sommes pour entretenir un parc qui devrait permettre de gagner de l'argent alors que pour beaucoup, c'est vu comme une charge supplémentaire inévitable pour l'entreprise.

NT comme tous les produits Microsoft n'évolue que grâce à la vente de licences successives toujours plus chères les unes que les autres. Néanmoins, cette fuite en avant des versions engage l'éditeur dans un processus qui pénalise lourdement les utilisateurs ainsi que ceux qui les installent sans compter des investissements difficilement justifiables. Des bugs supplémentaires qui non corrigés émaillent d'une version à l'autre des logiciels incompatibles entre eux et rendent encore plus confus et inaccessible le monde informatique.

Cette gestion des licences nuit aux performances du système d'exploitation, à l'efficacité des applications et à leur durée de vie. Elle empêche la configuration (tunning), limite et pénalise le déploiement et l'installation du système.

Utiliser des machines vieillissantes (ressources insuffisantes ou installations successives de programmes) nécessite une surveillance constante, et une myriade de produits additionnels ou une obligation de mise à jour physique et logicielle qui sont autant de coûts cachés que les utilisateurs ou les entreprises découvrent à leur insu.

Compte tenu de tous ces problèmes, Linux et les logiciels ouverts en général tentent d'apporter des solutions qui conviennent à tout le monde. Une cohérence des outils et la disponibilité des sources garantissent une pérennité qui n'est pas dictée par une logique des éditeurs poussés par la rentabilité de ventes des logiciels. Néanmoins, certaines périodes du développement (surtout lors de changements majeurs) encouragent les utilisateurs/administrateurs à faire des mises à jour mais dans le seul but d'avoir un système le mieux adapté, fiable et performant possible. Cette mise à jour est bien sûr gratuite et faite dans la plus grande transparence (compatibilité ascendante).

Qu'est-ce qui freine les performances des systèmes ?

Tout système propriétaire possède des particularités qui sont obligatoirement gérées par des machines de plus en plus puissantes afin de pouvoir communiquer entre elles (SNA/Netbios/Appletalk/IPX/SPX). Ces protocoles n'apportent rien de plus en terme de performances, stabilité et capacité de déploiement comparé à TCP/IP qui est testé, éprouvé, et amélioré en permanence sur l'Internet. En outre, ils enferment l'utilisateur dans le seul but d'imposer un faux standard qui pourrait un jour prédominer sans grand bénéfice pour personne. L'histoire a fini par démontrer que seuls les protocoles ouverts (ici TCP/IP) pouvaient prétendre à un large consensus.

Ainsi le réseau Internet qui connecte des millions d'ordinateurs grâce à un protocole éprouvé qui a su évoluer et s'adapter en douceur au nombre grandissant de ses utilisateurs et des services qu'il procure.

Cela démontre l'avantage des standards non contrôlés par une seule entité privée. Ils peuvent bien mieux évoluer à l'aide de discussions (RFC) publiques appelant la participation de tous les acteurs.  

Conclusion

Aujourd'hui, Linux offre plusieurs avantages à ceux qui souhaiteraient l'installer chez eux ou en entreprise. Une pénétration du marché professionnel le crédibilise par rapport à d'autres Unix ou même à Windows NT/Novell [10]. Certains n'hésitent pas à faire tourner des services professionnels (serveurs Web, bases de données, cache web (squid), firewall) avec des configurations de plus en plus puissantes permettant de traiter plus de demandes.

Linux: the choice of a GNU generation
(ksh@cis.ufl.edu put this on T-shirts in '93)
Linux carbure à la GPL

La dynamique Linux montre qu'une informatique totalement libre est crédible, capable d'offrir à moindre coût des solutions plus durable en terme de maintenance, support et pérennité par rapport aux solutions payantes qui n'apportent aucun avantage. Il reste cependant certains points à faire comprendre aux entreprises pour une plus grande acceptabilité d'un système dans lequel ils n'ont pas encore tout à fait confiance (manque de crédibilité dont souffrent les logiciels libres par rapport aux shareware et autres produits domaine public). Un des points vraiment important à faire passer est le choix d'indépendance vis à vis d'éditeurs. En choisissant Linux comme plate-forme de développement, les éditeurs et SSII optent pour une indépendance face aux géants du logiciel. Ce choix étant d'autant plus intéressant pour elles que les marges de manoeuvres sont plus grandes et les bénéfices plus importants comparés au marché Windows saturé (et où le seul bénéficiaire est Microsoft qui ne se sert même pas des bénéfices pour enfin proposer un équivalent à ce que Linux offre gratuitement).

La dynamique Linux arrive même à donner des idées folles aux entreprises vendant des logiciels et qui aimeraient bien canaliser ou utiliser un peu de cette énergie pour leurs propres besoins. Netscape le premier a fait la plus éclatante des annonces dans le monde du logiciel ouvert en rendant son navigateur gratuit (ce qui l'a rendu célèbre et porté au premier rang à ses débuts). C'est aussi ce que fait Microsoft avec Internet Explorer. Mais le type de gratuité "qu'offre" Microsoft [2], n'est en rien comparable avec ce que propose Linux ou les programmes GNU (sous GPL) : une totale transparence et la possibilité d'une part pour ceux qui ont les compétences, de pouvoir apprendre, améliorer ou corriger les programmes pour les faire évoluer ; d'autre part, pour les autres, de pouvoir en bénéficier sans aucune contrainte tout en protégeant les auteurs du fruit de leurs efforts.

Le chemin parcouru par Linux en seulement quelques années dépasse toutes les espérances et a permis de réaliser ce qu'aucun autre éditeur n'a pu faire depuis sa création :

  • Un système Unix fiable, stable et aussi très performant (32 et 64 bits sur plusieurs architectures et microprocesseurs).
  • Traduction des documentations, outils d'administration, messages d'erreurs et autres "man" dans plusieurs langues avec un support de nombreux jeux de caractères (US, iso-8859 (latin), cyrillique, unicode, kanji...).
  • Un support de plus en plus important de la part d'entreprises [*], des développeurs ou bien de certains utilisateurs qui ne cessent d'augmenter (7,5 millions en mars 1998 selon RedHat) avec une progression qui semble doubler tous les ans.
  • Une reconnaissance de la part de groupes indépendants lui donnant plusieurs prix (meilleur système réseau, meilleur support, meilleur produit de l'année...), de cabinets tel que Gartner Group ou bien Datapro le plaçant premier sur plusieurs points tel que disponibilité, intéropérabilité, satisfaction, flexibilité et coûts.

Cet "état de grâce" est d'autant plus prometteur, que le potentiel d'utilisateurs, de sociétés utilisatrices et de constructeurs informatiques ou bien de développeurs qui hésitent encore à faire le pas vers ce système est encore énorme compte tenu du nombre relativement bas d'utilisateurs : alors que des systèmes comme Windows peuvent difficilement gagner encore plus de parts de marché (surtout sur les postes clients), Linux quant à lui à l'instar d'Internet dans les débuts des années 1990, croît de façon exponentielle, ce qui améliore d'autant son support professionel et les applications disponibles.

Un basculement vers Linux risque d'être d'autant plus important qu'une grande partie d'utilisateurs de Windows se sentent lésés et subissent ce choix faute de concurrents avec un "verrouillage" autour de l'offre de Microsoft. Les utilisateurs ou entreprises qui finissent par installer Linux le regrettent très rarement (à part peut-être certains utilisateurs qui s'attendent à trouver une version de MacOS ou Win98 sans bugs mais devront patienter encore un peu). Le seul grief concerne la plupart du temps l'interface qui s'améliore cependant rapidement (KDE étant un des projets les plus aboutis ou bien GNOME techniquement très prometteur), mais cela est encore souvent considéré comme un sujet de moindre importance (alors que l'on considère Windows comme ayant une interface plus développée que ce qu'il y a en dessous (le système), on carricature souvent Linux comme une 2CV avec un moteur de Ferrari ou d'avion). Néanmoins, de plus en plus de programmes voient le jour dans ce domaine tel que Gimp (programme de dessin et de retouche d'image).

Malgré ou grâce à ça, Linux reste totalement gratuit avec une gamme conséquente de logiciels gratuits et un support commercial payant offrant un choix vraiment complet tant aux particuliers qu'aux sociétés désireuses de l'utiliser en production.  


 

Ressources Linux

Générales :
AFUL
aful.org
Association Française des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres
Linux Center (français)
linux-center.org
site de ressources Linux (beaucoup de liens)
Linux en Entreprise
www.linuxbusiness.com/fr/
utilisation dans un environement professionel
Liens Linux Classés
www.cert.fr/francais/deri/lobjois/Liens-linux.html
 
Linux en français
pauillac.inria.fr/~lang/linux/francais.html
beaucoup de ressources (articles et pointeurs)
Logiciels du Soleil
www.linux-kheops.com
revendeur RedHat en Français + support payant aux entreprises
Linux France (www.linux-france.com),
freenix (www.freenix.fr/linux/)
et Linux Homepage (français) (uhp.u-nancy.fr/linux/)
Des sites dédiés à Linux
Le site ftp lip6 de Jussieu contenant archives, docs, distributions ...
ftp.lip6.fr/pub/linux/
Serveur de fichiers avec beaucoup de ressources en français (documentations, aides et tutoriels ainsi que des mirroirs (copies) de sites contenant des distributions)
The Linux Operating System
www.ntlug.org/~cbbrowne/linux.html
Tout un tas d'informations sur le système (historique, revendeurs, architecture, an 2000...)
The Linux Home Page et Linux international
www.linux.org
www.li.org
 
Linux Enterprise Computing
linas.org/linux/
 
Open directory (mozilla) et catégories Linux sur yahoo
directory.mozilla.org/Computers/Systems/Linux/
www.yahoo.com/Computers_and_Internet/Software/Operating_Systems/Unix/Linux/
ressources triées par catégories au format de l'annuaire Yahoo
Linux Web Watcher
webwatcher.org
 
Linux journal
www.linuxjournal.com
et Linux on the Web
www.ssc.com/linux/resources/web.html
le site du journal Linux (anglais)

Documentations :
Les HOWTO Linux
www.freenix.fr/linux/HOWTO/
toutes les documentations techniques en français (les "comment faire" pour...)
Linux Gazette (existe aussi en français)
www.nllgg.nl/lg/
magazine qui parraît tout les mois (un peu technique)
Le Logiciel Libre
www.tunes.org/~fare/libre-logiciel.html
 
Les visées de Microsoft en France
www.iris.sgdg.org/microsoft/
Front anti-Microsoft en france et quelques articles sur le sujet

Informations :
Nouvelles Neuves de Linux
linux-center.org/news/
l'actualité sur Linux en france (et aussi dans le monde)
Slashdot
slashdot.org
l'info sur Linux, l'Internet, l'informatique, la crypto, etc.
Linux Weekly news
lwn.net
l'info par thèmes tout les jeudis en anglais (news, sécurité, ...)
Freshmeat
freshmeat.net
tout sur les sorties de programmes et applications (plusieurs dizaines par jour)
Linux World, Linux Today
www.linuxworld.com, linuxtoday.com
sites qui proposent des articles et une liste de ressources spécifiques à Linux

Applications / logiciels / programmes (GPL et commerciaux) :
Gary's Encyclopedia (Encyclopedie Linux)
members.aa.net/~swear/pedia/
Une mine d'informations sur la nébuleuse Linux cataloguée par thèmes
(a voir absolument !)
Linux Applications and Utilities
www.opali.fr/linux/linuxapps/linapps.html
logiciels classés par catégories
SAL - Scientific Applications on Linux
www-sor.inria.fr/mirrors/sal/
le même plus orienté programmes scientifiques (développement, science...)
Freshmeat apps index
freshmeat.net/appindex
le dernier venu (constamment mis à jour)
Linux Software Encyclopedia
stommel.tamu.edu/~baum/linuxlist/linuxlist/
...comme son nom l'indique (quelques meta pointeurs)
Google !
google.com/linux
outils de recherche (sobre mais efficace)

Autres exemples de mise en oeuvre de Linux en entreprises :
Windows NT face à Linux/Unix... et à lui-même
linux-center.org/articles/9807/NT.html
Une compilation des articles sur Linux et NT
Solutions Linux pour les entreprises
www.aful.org/solutions/entreprises/
 
Microsoft Windows NT Server 4.0 versus Linux
www.unix-vs-nt.org/kirch/ (traduit en français)
Excellent article (souvent mis à jour) sur les avantages que procure Linux avec tableaux à l'appui, témoignages bien argumentés et pointeurs vers d'autres pages
Replacing Windows NT Server with Linux
citv.unl.edu/linux/LinuxPresentation.html
Expérience réussi de remplacement de Windows par Linux (technique)

Articles sur Linux et les logiciels libres :
Multimedium : L'économie du logiciel libre
www.mmedium.com/dossiers/libre/
très bonne étude sur l'avantage que procure une utilisation et un developpement autour du logiciel libre en terme de pérenité
Forbes : Freeware children
www.forbes.com/forbes/98/0810/6209094a.htm
explication de l'engouement (d'IBM et d'autres) pour Linux et le logiciel libre
Linux Manifesto
www.bootnet.com/youaskedforit/lip_linux_manifesto.html
Interviews de Linus Torvalds, donnant un bon aperçu sur "l'historique Linux" et comment s'est mis en place le système progressivement. Décrit aussi les différences dans sa philosophie et sa conception par rapport aux autres OS.
Wired : The Greatest OS That (N)ever Was (08/1997)
www.wired.com/wired/5.08/linux.html (traduit en français)
The Halloween Documents
opensource.org/halloween.html
La vision de Microsoft sur Linux (peut-être un peu biaisé mais néanmoins très interressante) - version commentée

Certaines citations qui accompagnent cet article sont tirées des Linux quotes


Si vous avez des remarques, commentaires ou corrections, n'hésitez pas à m'en faire part.
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Dernière modification le 09 déc. 1998
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