source: http://www.people.com.cn/GB/it/1066/3014495.html
Traduit par Muriel SHAN SEI FAN

Les industriels chinois du logiciel expriment leur mécontentement vis-à-vis de la municipalité de Pékin, et menacent de saisir le Conseil d'état.

Le résultat de l'appel d'offres public pour l'acquisition de logiciels par la municipalité de Pékin vient d'être publié, il ne sera applicable qu'après le 26 novembre. Il a provoqué une fronde unanime des éditeurs nationaux qui critiquent le manque total de transparence du processus et menacent de saisir le Conseil d'état.

Au sujet de cet achat public, qualifié d'illégal, M. Li Wuqiang, vice-chef du cabinet pour le Développement et l'industrialisation des Nouvelles technologies (Ministère des sciences et techniques) déclare : "La loi sur les appels d'offre est très claire : les achats publics de logiciels doivent privilégier les produits nationaux, et ne recourir à des produits de marque étrangère qu'en l'absence d'équivalents fonctionnels chinois.(...)"

Après enquête, il semble que le bureau des achats publics de la municipalité de Pékin a tenu des négociations en "tête-à-tête" avec Microsoft, bafouant le principe de concurrence entre plusieurs éditeurs, l'appel d'offres ayant pour seul prestataire Microsoft et les négociations étant limitées à une discussion sur le prix des licences. "Or le cas spécial de l'appel d'offre à prestataire unique ne se justifie que sous quatre conditions, dont la plus importante étant qu'il n'existe pas de produit national fonctionnellement équivalent. De toute évidence, aucune des quatre conditions n'est remplie", explique le vice-PDG de l'éditeur JinShan. "La publication de la réponse a stupéfait tous les éditeurs chinois. Nous avons tenté d'obtenir des explications par téléphone, en vain."

Un employé de la SSLL GongChuang ("Créer ensemble") explique que "la municipalité de Pékin n'a jamais fait mention d'achat de systèmes d'exploitation, à nous pas plus qu'aux autres sociétés proposant des systèmes basés sur Linux telle Red Flag. Nous savions que des achats publics étaient en préparation, mais uniquement dans le domaine des applications bureautiques".

Selon un éditeur de logiciel souhaitant rester anonyme : "Puisque cette politique est définie ainsi, il nous faut l'appliquer. On peut dire cependant que c'est un bien mauvais départ... Et Microsoft mène une campage très agressive de relations publiques, pas seulement à Tianjin ou Pékin."

Liu Jian, directeur commercial de Red Flag, explique que "il n'existe à présent aucun organisme pour veiller au bon équilibre offre-demande sur le marché logiciel face à des entités d'état tel le Bureau pour l'informatisation de la municipalité de Pékin et les sociétés de lancement d'appels d'offre (?) qui en dépendent, mais les éditeurs logiciels nationaux sauront s'allier pour faire appel et exiger des explications."

Le vice-PDG de l'éditeur JinShan explique que "nous nous allions avec Red Flag et Yong Zhong et tous les industriels qui ont répondu à l'appel d'offres, pour faire appel auprès du Conseil d'Etat et rectifier les anomalies de cet appel d'offres qui ne respecte pas notre code des marchés publics."

Chen Jian